Vaginisme : comment s’en sortir (sans se mettre la pression) ?

Jamais en reste quand il s’agit de mettre les tabous au placard, Gina s’attaque aujourd’hui au sujet du vaginisme. Ce que c’est ? Eh bien déjà, sachez que ce n’est PAS une maladie (on respire), mais plutôt ce qu’on pourrait appeler un trouble sexuel”. Le vaginisme se manifeste en effet par une angoisse de la pénétration vaginale qui la rend alors très douloureuse ou impossible.Il peut survenir chez toutes les femmes ou personnes qui ont un vagin, à tous les moments de la vie. 


La bonne nouvelle (on vous spoile), c’est qu’on peut très bien se “débarrasser” du vaginisme et du lot de souffrances et problèmes qu’il apporte... à condition d’être correctement renseigné·e et accompagné·e évidemment ! 💪


Alors quelle que soit votre situation, si vous manquez de conseils et d’infos : welcome et installez-vous pour la lecture de ce petit guide (non-exhaustif) façon Gina. De quoi reprendre par la base et comprendre dans le détail ce qu’est le vaginisme, quelles en sont les causes, à quoi ressemblent les symptômes les plus courants, et pourquoi c’est tout à fait normal (#nerougissezpas). 


À la clé : dédramatiser et bien se renseigner sur les douleurs et les possibilités d’accompagnement thérapeuthique, tout en chinant au passage quelques conseils pour en parler avec un·e partenaire si ça vous arrive / appréhender un éventuel RDV pour en discuter avec un·e sexologue. 


Allez, on respire, et on sort son bloc-note (héhé) : Gina est là, et vous n’êtes VRAIMENT pas seul·e. 

  1. Qu'est ce que le vaginisme?
  2. Vaginisme : pourquoi c’est normal et pourquoi ça m’arrive ?
  3. Le tuto self-care pour personnes souffrant de vaginisme

1) Qu’est-ce que le vaginisme ? 

On l’a vu en intro, mais on le répète car c’est peut-être le point le plus important du topo : le vaginisme n’est pas une maladie (et il est encore moins incurable). Le vaginisme est plutôt ce qu’on appelle un trouble psycho-physiologique - aka un ensemble de symptômes à la croisée de paramètres physiques et psychiques (= un gros bazar). 


Pour parler en des termes médicaux (#sérieux), reprenons la définition de Wiki. Le vaginisme serait “une contraction musculaire prolongée ou récurrente des muscles du plancher pelvien qui entourent l’ouverture du vagin et qui peut se produire au cours d’un rapport sexuel”. 


Bon, d’accord mais qu’est-ce que ça veut dire ? 


Concrètement, cela signifie que les personnes qui en souffrent expérimentent une forme d’angoisse ou de peur panique liée à la pénétration qui donne lieu à des douleurs très intenses lors de la pénétration vaginale. Et attention : on ne parle pas uniquement de douleurs qui surviendraient pendant un rapport sexuel. 


Pour les personnes qui souffrent de ce trouble, mettre un tampon, une coupe menstruelle, un diaphragme ou encore vivre un examen gynécologique “classique” comme un frottis (qui implique la pose d’un spéculum) peut être tout simplement impossible ou bien extrêmement douloureux. 


Pour récapituler : le vaginisme est un trouble physique lié à des causes psychiques… ce qui n’en rend pas ses symptômes moins réels (#payetesangoissesettesdouleurs). 

2) Vaginisme : pourquoi c’est normal et pourquoi ça m’arrive ? 

 

Vaginisme primaire vs vaginisme secondaire : c’est quoi la différence ? 

Maintenant qu’on a dit tout ça, sachez qu’une des choses importantes à retenir sur le vaginisme, c’est qu’il en existe deux sortes - qui correspondent, grosso modo, à deux profils


  • Le vaginisme primaire, qui survient dès le début de la vie sexuelle et/ou en amont (= impossibilité de mettre un tampon, de vivre un frottis gynécologique par exemple comme on l’a vu). En gros, il concerne toutes les personnes pour qui la pénétration vaginale n’a jamais été possible (#virgin). Le plus souvent, le vaginisme primaire est le résultat d’un manque de connaissance et d’informations sur le corps, son fonctionnement, et plus largement de tabous entourant la sexualité. Pour vous donner une petite idée, déboulonner vos propres peurs, (et faire un détour pop-culture #bonus), vous pouvez regarder l’excellente série Sex Education sur Netflix, qui aborde le sujet du vaginisme primaire à travers le personnage de Lily. 

  • Le vaginisme secondaire, lui, arrive plus tard dans la vie sexuelle des personnes qui vivaient donc sans ce trouble avant. En gros : il peut arriver du jour au lendemain, à la suite d’un problème médical ou d’un traumatisme par exemple (post-partum, dyspareunies, violences sexuelles…).

Avec toutes ces infos en main, il faut maintenant essayer de nuancer tout ça : certaines formes de vaginisme (et particulièrement en ce qui concerne le vaginisme secondaire) se manifestent de manière différente selon les circonstances. Certaines personnes pourraient, par exemple, réussir à mettre un tampon ou une coupe menstruelle sans problème mais ne plus pouvoir pratiquer de sexualité avec pénétration vaginale avec un·e partenaire (on est tout·es différent·es, tmtc). 


Comme le résume Martin Winckler pour Cheek Magazine : “Il y a autant de causes que de personnes atteintes. Le vaginisme, c’est comme une ‘réaction de défense’ à la suite d’une douleur ou d’un événement négatif, qui devient un ‘réflexe conditionné’ à désapprendre.”

 

Et si c’était autre chose ? 

Attention, ça se complique (un peu) : here comes le petit point “gare aux mauvais diagnostics”. Eh oui : le vaginisme peut-être confondu et/ou associé à d’autres conditions ou pathologies, par exemple : 


  • Les dyspareunies qui sont des douleurs qui surviennent au moment des rapports sexuels (avec ou sans pénétration, d’ailleurs). Il s’agit d’une pathologie qui peut avoir plusieurs causes comme le post-partum, la ménopause, l’endométriose, l’adénomyose (...). Si vous nous avez bien suivies, vous comprenez donc que les dyspareunies peuvent donc être à la fois une conséquence du vaginisme, ou bien la manifestation d’autre chose… ou les deux (on ne vous a pas perdu·e ?). N’hésitez pas à en parler à votre médecin. 

  • L’endométriose qui est une maladie chronique et inflammatoire de l’endomètre (= la muqueuse utérine) dont l’un des symptômes les plus courant est justement… les douleurs pendant les rapports sexuels (#dyspareunies). On considère que des douleurs répétées pendant les rapports peuvent mener à un vaginisme secondaire. Mais il ne faudrait justement pas passer à côté du diagnostic d’endométriose (ou d’adénomyose = endométriose intra-utérine) non plus ! 

  • La ménopause ou pré-ménopause peuvent aussi entraîner des sécheresses qui rendent difficile et douloureuse la pénétration vaginale. Il ne s’agit néanmoins pas (le plus souvent) de vaginisme mais d’un manque de lubrification (...vous savez ce qu’il vous reste à faire). 

  • Last but not least, il est également possible qu’une “anomalie” des muscles pelviens puisse être confondue avec du vaginisme. En gros, cela signifie que cette contraction musculaire empêchant la pénétration est d’origine purement physique (et donc, non psychologique). La démarche à suivre dans ce cas sera bien différente puisqu’elle passera par une opération chirurgicale (avec votre accord, obviously). Pour en savoir plus, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ou avec un·e gynécologue. 

3) Le tuto self-care pour personnes souffrant de vaginisme 

Pour mettre la chose en perspective, dites-vous que ce trouble toucherait environ 350 000 femmes en France (et sans doute même beaucoup plus, on ne va pas se mentir). Bref : c’est un vrai sujet, et comme d’hab’ en ce qui concerne la santé des femmes, on ne trouve pas forcément les “bonnes réponses” à tous les coins de rue. 


D’ailleurs, le vaginisme concernerait jusqu’à 15% des consultations en sexologie selon cet article… Ça fait beaucoup, oui ! 

 

Quelles solutions et approches pour le vaginisme ? 

Ce qu’il faut savoir, c’est que l’approche thérapeuthique proposée est en général double : à la fois psychologique et physique (= par un·e sexologue clinicien·ne + un·e kinésithérapeute spécialisé·e, par ex). Which means qu’on vous proposera non seulement d’échanger autour de votre histoire personnelle (éducation sexuelle, événement traumatique…), de votre rapport à la sexualité; MAIS AUSSI d’être accompagné·e à travers la réalisation de différents exercices pratiques


On pourra, en guise de traitement, vous proposer d’apprendre à mieux connaître votre corps, en regardant par exemple votre sexe dans un miroir (c’est ultra cool), pour mieux identifier son fonctionnement et ainsi faire tomber les barrières et tabous qui entourent votre sexualité (#knowledgeispower). 


Autres tips : des crèmes lubrifiantes et des dilatateurs vaginaux pourront vous être utiles. On recommande aussi souvent des exercices tout simples (mais très efficaces) de relaxation du périnée et de respiration (se détendre is the key). 


Dans tous les cas : pas de panique ! Il s’agit d’un processus, d’un cheminement, voire même d’une rééducation. Il est donc plus que normal (et recommandé !) de prendre son temps, de ne pas forcer, et de ne pas se mettre la pression. 


Pour vous donner une petite idée de ce que à quoi peuvent ressembler ces séances et les exercices, vous pouvez consulter cette fiche conçue par Les Clés de Vénus : 17 pages de schémas, de conseils et d’exercices sans tabous et 100% bonnes ondes pour apprendre à mieux connaître son corps et ses sensations et cheminer à son rythme vers ses désirs et sa sexualité. Vous pouvez aussi faire un tour du côté de notre article dédié à l’orgasme féminin pour reprendre le sujet par la base ! 🔥


La psychologie clinique, l’ostéopathie, la kinésithérapie spécialisée ou encore la thérapie Cognitivo-Comportementale auraient fait leurs preuves dans l’accompagnement thérapeuthique du vaginisme… n’hésitez pas à regarder de ce côté là aussi ! 

Que faut-il savoir avant d’aller consulter un·e sexologue ? 

Sachez déjà que la profession de sexologue n’est pas réglementée en France : ce qui signifie que tout le monde peut exercer à ce titre, et qu’il faut donc être prudent·e au moment du choix de votre praticien·ne. En général, les sexologues sont en fait des psy (psychologues, psychiatres, psychothéreuthes…) qui ont validé un diplôme en sexologie et exercent donc à ce titre - plutôt cool, non ? 


Côté outils pour trouver votre praticien·ne, vous pouvez faire un tour du côté de l’annuaire du Syndicat National des Sexologues Clinicien·nes ou encore sur celui du Syndicat des Médecins Sexologues. 


N’hésitez pas à contacter en amont de la prise de RDV le / la praticien·ne que vous aurez choisi·e pour lui poser toutes les questions qui vous sembleront nécessaires : sa démarche, ses tarifs, ses perspectives de travail sur différents sujets (vaginisme, violences sexuelles, absence de libido…) pour débuter votre travail ensemble de la manière la plus sereine et efficace possible (ça va bien se passer). 

Et si mon / ma partenaire ne comprend pas et/ou ne m’aide pas ? 

Souffrir de vaginisme peut définitivement compliquer la vie sexuelle, la vie de couple, et / ou la communication avec son / sa / ses partenaire·s. Quelques clés pour (mieux) en parler : 


Si votre partenaire est mal renseigné·e (#paumé·e). Auquel cas, vous devriez mieux vous en sortir avec un peu de bonne volonté... et beaucoup de bonnes informations (la base). Vous pouvez commencer par exemple par lui partager cet article, puis en discuter calmement ensemble pour faire tomber les tabous et dédramatiser un bon coup. Si il/elle est d’accord, votre partenaire peut aussi vous accompagner chez un·e sexologue et ainsi chiner de bons conseils pour vous mettre en confiance et (re)découvrir de nouvelles idées pour votre sexualité (#clitorismylove).  


Si votre partenaire vous dit qu’il/elle comprend mais que vous avez l’impression que ça jette un froid quand même. C’est peut-être la situation la plus courante, et même si c’est délicat, sachez que puisque le vaginisme n’a rien d’incurable, la meilleure des solutions reste encore de prendre soin de vous + de prendre votre temps autant que cela vous semblera nécessaire. 


Si votre partenaire vous fout grave la pression et / ou vous fait culpabiliser. Là, on n’est pas d’accord. Tolérance zéro pour les personnes qui en rajoutent une couche alors que vous souffrez déjà. Comme on l’a vu, vous pouvez proposer de la même manière proposer à votre partenaire de se renseigner et / ou de vous accompagner dans votre démarche thérapeuthique si vous choisissez d’en suivre une. Mais pour poser la base, vraiment : non, c’est non. Personne n’a le droit de vous mettre la pression.

 

Qu’est-ce que cela change pour le choix de mes protections périodiques ? 

Que vous souffriez de vaginisme primaire ou secondaire, même combat : adapter le choix de vos protections périodiques à votre situation pour vous mettre à l’abri des douleurs et de l’inconfort. 


On l’a vu ensemble, mais répétons-le pour la forme : si l’insertion d’un tampon ou d’une coupe menstruelle vous est impossible sans ressentir de grandes douleurs, il est absolument INUTILE DE FORCER. Il existe tout plein d’autres solutions saines et safe qui vous permettront de vivre vos règles à la cool et sans (trop de) douleurs. 


Comme d’hab, l’idéal est toujours de choisir des protections périodiques faites à partir de matériaux les plus naturels (pour votre corps, votre vulve, votre flore vaginale) et les plus écoresponsables (pour la planète, tmtc) possibles. 


Notre reco : des serviettes ou des protèges-slips en coton bio ou encore des culottes menstruelles… On pose ça là



POUR ALLER PLUS LOIN : 

Vous pouvez scroller le compte Insta @balancetonvaginisme : vous y trouverez de nombreux témoignages de personnes souffrant de ce trouble sexuel, et des idées et solutions pour s’en sortir. Sans tabou et sans honte ! 

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