Règles peu abondantes : qu’est-ce que ça veut dire ?

Les règles peu abondantes ou hypoménorrhées, Gina, on en parle ? Okay, parlons-en. Parce que c’est vrai qu’on parle beaucoup de règles abondantes, de comment gérer ça, et de quelle protection hygiénique choisir. Mais les flux importants n’ont pas le monopole de nos culottes. Ça arrive aussi qu’on ait des petites pertes. Chez certain•e•s, c’est habituel et même de l’ordre de la routine. Chez d’autres, c’est plutôt une surprise. Entre le fait d’être une personne qui a des règles peu abondantes, et avoir le symptôme d’un trouble menstruel… pas toujours facile d’y voir clair ! 


Chez Gina, on est là pour vous informer sur les règles, ses différents visages, et vous encourager à en parler. C’est pas tabou, #cestlavie. Dans cet article, on vous donne les premières pistes pour interpréter le fait d’avoir des règles moins importantes (troubles hormonaux, traitement médical, ménopause, stress...). Et en cas de doute, ou besoin d’un renseignement personnalisé, hop hop, on appelle son doc ! Le gynécologue, le médecin généraliste, sont là pour répondre à vos questions ! 

Quand peut-on parler de règles peu abondantes  ?

Les règles peu abondantes, c’est quand on a très peu de pertes pendant la période des règles. C’est pas tout à fait du spotting, car on utilise ce terme plutôt pour lorsque du sang frais s’écoule du vagin en dehors des menstruations. Pour qu’on dise que des règles soient peu abondantes (hypoménorrhées), on parle d’une quantité inférieure à 25 mL. La moyenne, c’est plutôt entre 50 mL et 150 mL. Sachant qu’on peut parler d’hyperménorrhée après 80 mL.


Si vous avez besoin de visualiser, 25 mL, c’est à peu près la moitié d’un café espresso, voilà c’est dit. Pour les personnes qui apprécient le café court, c’est même plutôt de l’ordre du ristretto.

Le nom scientifique est “hypoménorrhée” : une diminution du volume de sang écoulé pendant les règles.


On ne demande à personne d’avoir un verre doseur pour estimer l’abondance de ses règles. Pour que ce soit plus facile, il y a le score de Higham. En remplissant ce tableau, on note concrètement le type de pertes qu’on a. Sur plusieurs cycles, ça permet aussi de voir si le fait d’avoir des petites règles est une tendance normale chez soi, ou si ce serait un trouble gynécologique.


Protection hygiénique utilisée

J-1

J-2

J-3

J-4

J-5

J-6

J-7

J-8

Somme des points

Serviette ou Tampon peu imbibée
🩸

1 pt

Serviette ou Tampon moyennement imbibée 🩸🩸

5 pts

Serviette ou Tampon moyennement imbibée🩸🩸🩸

20 pts

Débordement

Caillots

Somme des points


Notez le nombre de protections consommées, et le degré d’imprégnation (comment c’est imbibé). Lorsque score final dépasse les 100 points, c’est qu’il y a une ménorragie (règles trop abondantes). Ce tableau permet aussi de voir si les règles sont peu abondantes en confirmant votre impression. 


Le saviez-vous ? 

Les médecins déconseillent de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et de l’aspirine pendant les règles. Ces médicaments ont tendance à fluidifier le sang, alors ça n’aide pas à se faire une vraie idée sur le niveau d’abondance de ses règles.

J’ai besoin de protections hygiéniques spéciales ? 

Non.


Mais surtout, on évite les tampons ! Les tampons pendant les règles peu abondantes risquent de provoquer des irritations. Si l’on peut éviter quelques douleurs en plus, c’est mieux. C’est le cas pour toutes les protections hygiéniques internes. Préférez plutôt les serviettes, ou même un protège-slip si jamais les saignements sont vraiment faibles.

Quelles sont les causes des règles peu abondantes (hypoménorrhée)  ? 

Déjà, les règles, c’est quoi ?

Il faut qu’on parle d’abord du cycle menstruel. Ça s’appelle un cycle, car c’est un éternel recommencement de la puberté et jusqu’à la ménopause. On n’a pas tou•te•s ses premières règles au même âge, ça dépend vraiment des gens. En gros, à l’adolescence le corps se prépare sur un cycle qui dure en moyenne 28 jours pour une potentielle grossesse. On n’a pas dit qu’il fallait absolument tomber enceinte ! Votre corps, votre choix (vraiment). On vous explique juste pourquoi d’où viennent les règles.


Le cycle commence au 1er jour des règles. Donc sur un schéma d’environ 28 jours (#çadepend), les hormones progestérone et oestrogène rythment le corps en déclenchant l’ovulation pendant la phase folliculaire. Après l’ovulation, il y a la phase lutéale pendant laquelle les parois de l’utérus se chargent en vaisseaux sanguins et en plein de bonnes choses pour qu’un ovule fécondé s’y installe. Quand l’œuf prend ses quartiers, c’est la nidation. À ce moment, une autre hormone entre en scène : l’hormone chorionique gonadotrope humaine ou HCG. Et quand il n’y a pas eu fécondation, alors l’utérus évacue le tout. Bye bye endomètre gonflé ! Il se décroche littéralement et passe par le vagin pour quitter le corps. Ce sont les règles.

Les troubles hormonaux à l’origine des règles peu abondantes.

Vous l’aurez compris, les hormones pour la régularité des règles, c’est primordial. Si une hormone décide de ne pas faire son travail comme d’habitude, ça peut tout chambouler. Et il peut y avoir vraiment beaucoup de causes différentes. Les hormones qui déraillent, c’est parfois aussi le symptôme d’autre chose. Ici, on évoque des raisons fréquentes et qui arrivent souvent. Pour un vrai diagnostic, on vous invite à consulter votre médecin afin de procéder à un bilan gynécologique complet. 


😘 Au passage, aux femmes et personnes concernées, le frottis de dépistage du cancer du col de l’utérus est recommandé dès 25 ans, tous les 3 ans. Que l’on soit vacciné.e ou non contre les HPV (papillomavirus humain). Ça peut se faire chez le généraliste, et en France c’est remboursé par la sécurité sociale !  


Les médicaments et la contraception (surtout hormonale).

La contraception hormonale a pour but d’empêcher une ovulation, ou de créer une ovulation de “mauvaise qualité”. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’empêcher le début d’une grossesse. En effets secondaires (plus ou moins appréciés) la pilule contraceptive, l’implant ou le patch, influencent parfois l’abondance des saignements. C’est loin d’être systématique. Si c’est une nouvelle contraception, ça arrive que le corps ait besoin de se caler une nouvelle routine. Alors le flux peut revenir comme avant, ou bien continuer à être plutôt faible. 


Pour les femmes et toutes les personnes qui choisissent le stérilet hormonal (SIU), les règles deviennent très très peu abondantes. Certain•es•s voient même une absence de saignements vaginaux au bout de quelques mois (#Wouaw).


Mais la contraception n’est pas le seul traitement qui joue sur les règles. Quand la survenue du flux plus faible qu’habituellement survient au même moment que la prise d’un nouveau traitement médical, renseignez-vous auprès de votre pharmacie, ou appelez votre médecin !

Des changements de poids brutaux et parce que #lavie.

Le cycle menstruel demande beaucoup d’énergie au corps humain. Quand on perd beaucoup de poids, notamment dans les cas d’anorexie (#soutien), les règles peuvent devenir de plus en plus faibles et même créer une aménorrhée. C’est le mot médical employé dans le cas d’un arrêt de règles pendant plusieurs cycles.


Pareil si vous êtes quelqu’un de très sporti•f•ve. Sur les périodes d’entraînement intensif ou de compétitions, les règles prennent parfois la clef des champs. Il a fallu attendre 2017 pour que L’Équipe casse le tabou des règles chez les sportives de haut niveau en consacrant un dossier dans son magazine. Entre symptômes de règles qui impactent les performances, et leurs absences mystérieuses, c’est un vrai sujet dans le monde du sport. 


Le quotidien a un effet sur les règles. Selon ce que l’on vit, si l’on est stressé•e ou particulièrement angoissé•e, on peut constater des pertes beaucoup moins abondantes. À ce moment, ces troubles menstruels peuvent être tout à fait temporaires. Récemment, l’anxiété créée par le confinement à la suite de l’épidémie de Covid-19 a créé des troubles menstruels chez beaucoup de personnes. La Maison des Maternelles a rapporté les témoignages de femmes, expliqués par une gynécologue.

Et l’âge dans tout ça  ? 

Pour ses premières règles à l'adolescence, ce n’est pas rare du tout d’avoir des petites règles. Pour ses premiers cycles menstruels, le corps n’est pas tout à fait calé. C’est important d’en parler, et de ne pas hésiter à poser des questions à ses potes, dans sa famille, son médecin. Mais pas d’inquiétude si tout se passe pas exactement comme on l’aurait vu en cours de SVT ! 


À l’inverse, si vous approchez plutôt des 50 ans et que les règles se font rares dans la culotte, alors c’est bien probable que l’âge de la ménopause approche. En gros, le cycle menstruel se met en pause. Malheureusement, à ce moment on a aussi des effets secondaires comme les bouffées de chaleur et les sautes d’humeur. Les hormones, ce n’est pas toujours cool.

Je dois m’inquiéter ? 

Le fait d’avoir des règles moins abondantes est plus fréquent qu’on ne le croit. Quand ça arrive une fois, et que ça revient à la normale, c’est sûrement la conséquence d’une période de stress ou d’un dérèglement hormonal temporaire. 

Si ça dure plus de 3 cycles, ça peut être le début d’une aménorrhée et il vaut mieux consulter. Pareil si le cycle s’allonge, dans ce cas on peut parler parfois d’oligoménorrhée. Ça veut dire que l’on a des règles de très faible abondance.


Il faut essayer d’être attenti•f•ve au fait d’avoir d’autres symptômes ou non. Les pertes faibles peuvent être le signe d’un autre trouble gynécologique. Quand les règles sont, en plus (#nul), très douloureuses, on n’hésite pas à consulter un professionnel de santé. Un check-up complet est toujours utile. Ça permet de chercher plus loin. Le médecin pense à des questions que l’on se pose rarement soi-même ! 


D’ailleurs, vous ressentez de la fatigue en plus de vos règles peu abondantes ? Voyez si vous ne perdez pas du sang au cours du cycle aussi. Une anémie (carence en fer) est si vite arrivée.


Dans tous les cas, consulter son médecin pour un problème gynécologique, ça peut aussi se faire sans urgence. Au cours d’une consultation pour un autre sujet, ou si l’on est tracassé, c’est bien de ne jamais hésiter à demander des renseignements au sujet des règles et du fonctionnement du cycle menstruel. Mieux connaître son corps, c’est aussi mieux prévenir les bobos !

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