La nymphoplastie : guide de lecture d’une chirurgie de la vulve

Que vous soyez curieux·se, intéressé·e, ou juste en quête de réponses sur la nymphoplastie : cet article est fait pour vous. Sans gêne et sans tabous, Gina y aborde dans le détail les points clés à retenir sur cette chirurgie de la vulve… pour vous aider à mieux la comprendre et vous repérer, si jamais vous l’envisagez (ou pas d’ailleurs) ! 


Petit point définition pour commencer : la nymphoplastie, aka labiaplastie est une opération chirurgicale qui consiste à effectuer une réduction de la taille des petites lèvres (#vulve) et / ou à en modifier l’apparence. Si de nombreuses personnes ne connaissent même pas l’existence d’une telle intervention, elle peut être d’un grand secours pour certaines : il arrive en effet que la taille des petites lèvres soit une source d’inconfort, voire même de douleurs au quotidien, ou de gêne au moment des rapports sexuels (#pascool).  


Mais pas que ! Pour d’autres, le choix de faire une labiaplastie peut-être aussi motivé par une recherche d’esthétique : comme l’envie d’avoir des lèvres plus symétriques ou d’en réduire légèrement la taille, par exemple. Des motifs, qui, s'ils sont valables (tout simplement parce qu’ils sont les vôtres) méritent tout de même de s’attarder sur les éventuels complexes qui en sont la source (...et qui n’ont pas lieu d’être). On en reparlera mais la clé peut-être aussi (et surtout) d’apprendre à se connaître et à s’aimer… sans passer par la case bistouri (#irréversible). 


Pour vous aider à mieux vous y repérer et à mieux comprendre les enjeux de cette intervention, on vous explique : ce qu’est la nymphoplastie, comment ça se passe ET les raisons qui peuvent amener certaines personnes à la choisir. What’s more ? On discutera aussi des diktats de la beauté qui peuvent parfois nous empêcher d’accepter nos vulves telles qu’elles sont (!); tout en vous filant tous les conseils et infos nécessaires pour mieux préparer une éventuelle intervention


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#1 : Qu’est-ce que la nymphoplastie ? Ça sert à quoi en fait ? 

La nymphoplastie, aka labiaplastie ou encore labioplastie (#pourquoifairesimple), est le terme qu’on utilise pour désigner une opération chirurgicale des petites lèvres qui a pour but d’en réduire la taille, et / ou d’en changer l’apparence


Mais qu’est-ce que ça veut dire exactement ? 


Pour bien comprendre, parlons peu, parlons vulve : celle-ci est “équipée” de deux paires de lèvres qu’on appelle communément petites et grandes lèvres. Seulement, ce nom peut-être trompeur car bien souvent les petites lèvres sont souvent plus grandes… que les grandes ! Leur différence au visu’ pour ne pas se tromper ? Les petites lèvres n’ont pas de poils. Elles sont par ailleurs blindées de follicules sébacées et de terminaisons nerveuses très sensibles (tmtc). 


BREF, ces petites lèvres qu’on appelle aussi les nymphes (si c’est pas cute), grandissent au moment de la puberté pour atteindre une taille plus ou moins variable, et d’en moyenne 3 centimètres de longueur. Elles entourent l’entrée du vagin et montent jusqu’en haut de la vulve, où elles forment le capuchon du clitoris et en protègent le gland. Leurs extrémités sont visibles au niveau de ce que l’on appelle la “fente vulvaire” (#explicit), et en dépassent plus ou moins selon les personnes. So far, so good. 


Mais certaines personnes souffrent de ce que l’on appelle une “hypertrophie des petites lèvres” : which means que leurs petites lèvres sont non seulement plus grandes que les grandes (ça, c’est normal comme on l’a vu), mais aussi plus tombantes que la moyenne. Ce qui peut provoquer des douleurs, des irritations, un inconfort… ou bien être la source de complexes (mais on y reviendra). 


Pour vous la faire courte : la nymphoplastie est l’intervention chirurgicale qui permet une réduction de la taille et l’apparence des petites lèvres pour retrouver, grosso modo, un meilleur “confort intime”. Enfin, et c’est important de le souligner : le but de cette chirurgie est exclusivement thérapeutique et / ou esthétique. Sous-titre : la nymphoplastie n’améliore jamais le plaisir sexuel



#2 : Pourquoi choisir une opération comme celle-ci ? Qui est (éventuellement) concerné ? 

DONC pour résumer : il est tout à fait normal d’avoir des lèvres asymétriques, de couleurs différentes (allant du rosé à des teintes plus violacées), ou plus ou moins “tombantes”, comme on vous l’expliquait déjà dans notre cartographie de la vulve


Alors pourquoi choisir une telle opération ? Quelles sont les personnes (éventuellement) “concernées” ? 


  • L’hypertrophie des petites lèvres, dont on vous parlait juste au-dessus, concernerait les personnes dont les petites lèvres font plus de 4 centimètres.  Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que l’on considère que c’est à partir de cette taille qu’un inconfort peut-être éventuellement ressenti, au contact de vêtements trop serrés ou à certains moments de la vie sexuelle par exemple. Il est aussi possible de développer plus facilement des infections au niveau de la vulve... bref : c’est pas cool. Les lèvres se développant tout au long de la puberté, on considère que “l’origine de cette hypertrophie est le plus souvent liée à une imprégnation hormonale” selon cet article. Retenez bien néanmoins que ce chiffre de 4 centimètres reste donné à titre indicatif et de manière un peu arbitraire… car toutes les petites lèvres ont une apparence unique, et que d’une personne à l’autre, le ressenti ne sera pas le même. Il n’est donc absolument pas nécessaire de subir une nymphoplastie si vos petites lèvres font 4 centimètres (ou plus) mais que vous ne ressentez aucun inconfort. :) 

  • Enfin, même si aucune vulve ne vaut mieux qu’une autre, et que les petites lèvres peuvent avoir toutes sortes de volumes ou d’apparence d’une personne à l’autre, la nymphoplastie peut également être une option pour les personnes qui auraient des lèvres asymétriques (= l’une serait plus grande que l’autre), par exemple. Le but d’une intervention dans ce contexte sera donc, grosso modo, d’égaliser l’apparence de celles-ci (#chirurgieesthétique) ou de la modifier pour un rendu visuel correspondant aux attentes de la patiente. L’idéal avant de choisir une opération pour ces motifs : bien réfléchir aux éventuels complexes qui peuvent en être la source pour essayer de les déboulonner (#selflove). 


#3: La nymphoplastie : comment ça s’passe ? Que faut-il savoir ? 

Parlons concrètement : même si la nymphoplastie est une opération rapide et le plus souvent bénigne, elle implique tout de même de se renseigner correctement sur le déroulé / les indications / les bénéfices et le reste. Tout simplement parce qu’il s’agit d’une chirurgie (#quandmême), ce qui n’est jamais anodin. Particulièrement quand elle a pour objet une partie aussi délicate et intime de nos corps ! 



Quelles sont les contre-indications et les bénéfices d’une telle opération ? 

  • Côté bénéfices on l’a vu : la réduction des petites lèvres permet aux personnes qui souffrent d’hypertrophie de retrouver un meilleur “confort intime”. Ciao-bye les irritations, les infections, et les douleurs éventuelles pendant les rapports sexuels. Idem côté chirurgie esthétique qui a pour but d’aider les personnes qui souffriraient de l’apparence de leur vulve à mettre des éventuels complexes au placard. 

  • Côté contre-indications, rassurez-vous : vous en ferez de toute façon le tour avec un·e docteur au moment du bilan pré-opératoire. Sachez en tous les cas que des antécédents de phlébite ou d'embolie pulmonaire rendent impossible ce genre d’opération. What’s more ? Les fumeur·euses sont très chaleureusement invité·es à arrêter de cloper en moyenne 1 à 2 mois avant l’opération… et autant après ! Enfin, point important à préciser : il est également possible que l’intervention se passe comme prévu mais que le résultat visuel... ne convienne pas, ou que des complications surviennent à la suite de l’opération (c’est rare, mais ça arrive). Raison pour laquelle il est primordial si vous envisagez une telle opération de : 1/ choisir un·e médecin fiable et reconnu·e pour ses compétences dans le domaine de la nymphoplastie et de discuter très concrètement de vos attentes avec lui/elle, 2/ bien réfléchir à vos envies et à vos besoins (aussi longtemps qu’il vous faudra !). 

Bon à savoir : les personnes qui souffrent de dysmorphophobie (= le fait d’avoir une obsession pour un “défaut imaginaire” du corps, qui les empêche de se voir telles qu’elles sont vraiment) doivent être accompagnées par un·e psychiatre si elles envisagent une telle opération. 


Comment ça se passe, concrètement ? À quoi faut-il s’attendre ? 

Besoin d’infos sur le déroulé de votre éventuelle intervention ? Du premier RDV pour faire le bilan à celui de l’intervention chirurgicale, on vous explique : 


  • Temps 1 : rencontre avec un chirurgien pour faire un examen gynéco. Le but : évaluer le degré éventuel d’hypertrophie, d’asymétrie et/ou discuter ouvertement avec le/la patient·e de ses envies à l’issue de cette opération (en partant de “modèles” spécifiques pour le rendu visuel). Un bilan sanguin sera réalisé, et on vous filera toutes les infos concernant le déroulé de la nymphoplastie. Sous-titre : c’est le moment de poser des questions si vous en avez. Dans tous les cas, et comme pour toute opération de chirurgie esthétique, un délai de 15 jours est à observer entre ce premier RDV et la date de l’intervention, pour que vous puissiez y réfléchir, avec toutes les clés en mains. 

  • Temps 2 : deux jours (maxi) avant l’opération = rencontre avec l'anesthésiste. C’est le moment, grosso modo, où l’on décide en concertation avec le/la médecin d’opter pour une anesthésie générale ou locale en vue de la chirurgie. 

  • Temps 3 : l’opération. Elle dure en général une heure, et est réalisée en ambulatoire : which means que vous entrez le matin et rentrez chez vous dans la soirée (à quelques rares exceptions où une nuit d’hospitalisation est nécessaire). Concernant les techniques utilisées pour réaliser la nymphoplastie, vous pouvez jeter un oeil à cet article de Doctissimo

  • Temps 4 : le retour à la maison et les suites de l’opération. Concrètement, peu de douleurs sont à prévoir suite à cette intervention. Dans tous les cas, on vous filera des antalgiques pour tenir le coup. La plupart du temps, cette opération est parfaitement bénigne, mais il peut arriver qu’il y ait des complications : on est tous·tes différent·es, et une chirurgie n’est jamais anodine de toute façon ! Enfin, prévoyez quand même de prendre (en moyenne) entre 2 jours à une semaine de congés (ou de télétravail) à la suite de la nymphoplastie (= on peut avoir mal quand on marche, quand on s'assoit, quand on porte des vêtements trop serrés…). 

  • Temps 5 : un rendez-vous post-opératoire pour checker que tout évolue dans le bon sens et que vous allez bien ! :) 

Et dans les jours / semaines qui suivent ? 

  • Pour éviter les risques d’infection, on procède à un nettoyage de la vulve (à l’eau chaude et sans savon !), après chaque passage aux toilettes. Après quoi, surtout, on sèche bien la zone avec une serviette ou une compresse stérile (#gareàlhumidité). 

  • Côté fringues, on mise tout sur le confo’ et les fibres naturelles : pas de vêtements serrés (ciao-bye les jeans moulants), pas de string, et surtout (!) des sous-vêtements en coton bien (bien) respirants

  • Côté soin du corps, on dit adios à sa baignoire pendant 3 à 6 semaines pour éviter les infections éventuelles. Keyword is : une bonne douche. 

  • Côté protections périodiques, on met le hola sur les tampons (et la cup) pendant 3 à 6 semaines aussi. Serviettes hygiéniques bio, culottes menstruelles… tout ce que vous voulez mais surtout PAS de protection périodique interne. 


Dans tous les cas, pas de stress : la consultation post-opératoire est là pour vous aider à faire le point sur vos éventuels symptômes et sur votre cicatrisation. Vous pouvez en profiter pour poser toutes vos questions au chirgurgion et évacuer tous vos doutes sur les bonnes pratiques à mettre en place au quotidien. 


#4 : Comment savoir si ma vulve et mes petites lèvres sont “normales” ? 

Pour finir, on voulait vous faire un point sur les raisons qui poussent certaines femmes à envisager la nymphoplastie aujourd’hui. 


Concrètement, de quoi on parle : de la nymphoplastie quand elle est utilisée au-delà des indications thérapeuthiques ou réparatrices de base (= si il y a douleurs, inconfort ou malformation comme l’a vu)... aka la nymphoplastie comme chirurgie esthétique “pure”. 


Ce qu’il faut savoir pour commencer, c’est que la chirurgie esthétique des petites (ou grandes) lèvres a connu un engouement assez ouf ces dix dernières années en Europe et à travers le monde. Pour vous donner un exemple (un peu inquiétant, on avoue), au cours de l’année 2015-16 en Angleterre, ce ne sont pas moins de 200 adolescentes de moins de 18 ans qui ont eu recours à une labiaplastie… dont plus de la moitié d’entre elles avaient moins de 15 ans (!), selon cet article


Le problème ? Pour commencer, les petites lèvres se développent tout au long de la puberté, et il est donc peu recommandé de procéder à une intervention aussi invasive avant d’avoir atteint l’âge adulte (aka la fin du big-bang hormonal). Ensuite, cette envie de changer l’apparence de son sexe est bien souvent liée à une méconnaissance de son corps, qui entraîne des complexes douloureux type “mon sexe n’est pas beau / pas normal / pas désirable”. Merci (mais non merci) la représentation souvent irréaliste de la vulve dans les films porno par exemple. 


Sarah Creighton, une gynéco britannique de l’Institute for Women’s Health à Londres, souligne d’ailleurs que la plupart des femmes qui envisagent une nymphoplastie cherchent à avoir des “vulves plates, sans rien dépassant des grandes lèvres”, qu’elle définit comme un “modèle prépubère que l’on retrouve dans les publicités”. Bon. Ça pose le décor. 


En plus, l’épilation intégrale du sexe (qui bat son plein encore aujourd’hui) a aussi pour effet de laisser les lèvres et la vulve complètement apparentes… ce qui peut créer des complexes qui, avec des poils, n’auraient absolument pas lieu d’être. 


Ironie du sort ? C’est l’industrie du porno itself qui a démocratisé cette image d’une vulve rose, sans poils, aux lèvres petites et parfaitement symétriques. Une image qui, justement, n’a rien à voir avec la grande diversité d’apparence de nos sexes, et qui se présente plutôt comme un diktat de beauté destructeur pour les femmes, comme le démontre très bien par exemple le génial compte Insta @thevulvagallery


Un petit mot pour finir ? 

Maintenant qu’on a dit tout ça, sachez qu’on n’est absolument PAS là pour vous dire ce que vous avez le droit de faire de votre corps ou pas (#votrecorpsvoschoix). Mais on voulait quand même insister sur la pression sociétale (#patriarcat) qui s’exerce sur l’idée que l’on se fait de nos corps. Qui sont (pourtant) beaux comme ils sont, on vous le rappelle. 


Pour faire le tour de votre vulve à 360° et tout piger sur son fonctionnement, son apparence, et le reste, rendez-vous sur notre article dédié. Promis, juré, parfois il suffit de mieux la connaître pour apprendre à la kiffer. <3

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