Les règles abondantes

Les règles, ça a beau arriver - à peu près - tous les mois, c’est toujours autant de mystères pour nous tou•t•es. Au moindre changement, on peut avoir un doute ou s’inquiéter (c’est normal). Déjà, c’est normal ! Se poser des questions est très sain, et il vaut mieux ça que de laisser traîner quelque chose que l’on pourrait soigner rapidement. L’abondance du flux, c’est déjà un sujet. Rien que pour choisir la bonne protection hygiénique, on en parle beaucoup (et c’est OK de poser des questions). Parfois le flux est beaucoup plus important que d’habitude. Les règles abondantes, ça arrive à beaucoup de femmes ! Mais attention à la ménorragie, et elle doit être surveillée. Pas facile de savoir si les nôtres entrent dans cette catégorie. Pour vous aider à y voir plus clair, on va parler des règles abondantes et du score de Higham (c’est quoi ça ?). C’est important de savoir si les nôtres sont inhabituelles ou pas. Déjà c’est un bon moyen de mieux connaître et comprendre son corps, et surtout ça aide savoir s’il faut consulter ! 

Les règles abondantes.

1 - Comment savoir si j’ai des règles abondantes ?

Parlons du score de Higham (ça se dit “haille-am”) ! Il se base sur le fait que plus les saignements sont abondants, plus on utilise de protections hygiéniques (et plus on en change). Logique, non ? 

 

Ça permet d’évaluer à peu près si le volume de pertes est supérieur à la normale. Les règles trop abondantes, ou ménorragies, sont beaucoup plus importantes et d’une durée plus longue que des pertes habituelles (on ne vous a pas perdu•e ?). Même si on a tout•es des cycles où les règles sont plus fortes, le score de Higham nous permet de voir si c’est (vraiment) plus abondant que ça devrait l’être. Même si ça reste approximatif, le score de Higham est plutôt fiable car une ménorragie, c’est pas juste des règles un peu plus plus importantes. 

 

On considère que la ménorragie démarre après 80 mL de perte. Même si les protections hygiéniques donnent l’impression de perdre beaucoup de sang, 80 mL ce n’est en réalité même pas 2 cafés espressos ☕️☕️ ! 

Tableau de calcul du score de Higham :

 

Protection hygiénique utilisée

Jour 1

Jour 2

Jour 3

Jour 4

Jour 5

Jour 6

Jour 7

Jour 8

Total de points

Tampon ou serviette peu imbibée
🩸

1 point

Tampon ou serviette moyennement imbibée 🩸🩸

5 points

Tampon ou serviette moyennement imbibée🩸🩸🩸

20 points

Caillots 

Débordement

Total de points

 

Il faut noter le nombre de protections utilisées, et à quel point elle est imbibée (= degré d’imprégnation). Quand le score total dépasse les 100 points, on estime qu’il y a une ménorragie. 

 

Pourquoi noter le niveau d’imprégnation ? Ce n’est pas parce que la protection n’est pas totalement imbibée qu’il ne faut pas la changer ! C’est encore plus vrai pour les tampons et les protections internes en général. On les garde dans le corps au max 3 à 6 heures pour prévenir le risque de SCT (syndrome de choc toxique menstruel). C’est très (très) rare, mais vaut mieux prévenir que guérir !

 

Autre indice qui trompe rarement, si vous êtes obligé•e de doubler la protection (2 serviettes, tampon maxi + serviette) plusieurs jours de suite, c’est sans doute une ménorragie. Là encore, le score de Higham devrait vous aider ! En plus, c’est un tableau que vous pouvez directement montrer à votre gynécologue.

 

2  - Quelles sont les causes des règles abondantes ? 

 Les règles abondantes, d’où ça vient ? 

 

Parlons déjà des règles elles-mêmes. Elles sont provoquées par l’évacuation de la muqueuse utérine au début d’un nouveau cycle menstruel. Les parois de l’utérus se préparent tout au long du cycle à accueillir un œuf (l’ovule fécondé par le spermatozoïde). Quand ça n’arrive pas, une chute d’hormones œstrogènes provoque les règles. Elles sont plus ou moins abondantes selon le moment du cycle, le mode de vie, le type de contraception… 

 

On parle bien de règles ?

Est-ce que ce sont bien des règles ? Il arrive que l’on ait des pertes en dehors de cette période. Elles ne sont pas régulières, c’est plutôt anecdotique. C’est le cas du spotting, qu’on voit se manifester par des taches de sang de temps à autre. Même si ça mérite quand même d’être signalé à son médecin quand c’est trop souvent, pendant une grossesse ou la ménopause, ça n’entre pas dans la catégorie des règles. 

 

Si ces pertes entre les périodes de menstruations, on a des saignements abondants, on appelle ça une métrorragie. C’est aussi possible d’avoir métrorragie + règles abondantes (eh oui). Là, si ça vous arrive, il faut consulter illico presto. La métrorragie peut être le symptôme de problèmes plus graves. Plus tôt on consulte, plus tôt on soigne !

Il y a aussi les méno-métrorragies. Elles rendent difficile la distinction entre règles et pertes entre les règles. Les saignements sont importants et aléatoires.

 

On résume : 

- petits saignements hors règles → spotting

- saignements abondants hors règles → métrorragie

- saignements abondants pendant les règles → ménorragie

- saignements abondants hors et pendant les règles → méno-métrorragie. 

Le cycle anovulatoire 

Déjà il faut comprendre comment se forment nos menstruations. Les saignements qu’on a, ce sont concrètement des morceaux de l’endomètre qui a gonflé pendant le cycle. L’épaississement de la muqueuse utérine intervient avant l’ovulation. L’ovule expulsé des ovaires voyage dans le système génital en espérant être fécondé en chemin sur la route vers l’utérus. C’est la période de fécondité.

Parfois, les hormones nous jouent des tours et font que l’ovulation n’arrive pas. C’est un cycle anovulatoire. Ça arrive plus souvent qu’on le croit (surtout quand on est ado) ! Ou alors l’ovulation est plus tardive. L’endomètre a eu le temps de bien s’épaissir, et au moment des règles, les saignements sont donc plus importants !

La fausse couche 

Un retard de règles qui s’accompagne de saignements très abondants ? Il est possible que ce soit une fausse couche. Quand il y a suspicion de fausse couche, il vaut mieux voir le médecin pour confirmer, surtout s’il y a un projet de grossesse. Un test de grossesse à ce moment se révèle positif. Pas de panique, ça n’a pas d’impact direct sur la fécondité. Une fausse couche arrive quand l’œuf n’est pas viable. On s’inquiète uniquement quand ça arrive souvent et avec l’avis de son gynécologue.

Maladie gynécologique

Les règles abondantes sont des motifs de consultation fréquents, à ne pas prendre à la légère. Ça peut être le symptôme d’un polype, un fibrome, un kyste, une endométriose… Les causes possibles sont nombreuses. C’est pour ça que c’est (très) important d’en parler à un professionnel de santé. Comme ça, on est orienté•e vers les bonnes analyses médicales, et vers un traitement.

La contraception 

La contraception hormonale influe le cycle… c’est son job !  Le but est d’empêcher l’ovulation ou de produire une ovulation non viable. Le tout est de ne pas permettre la fécondation, et la nidation (quand l’œuf s’installe en début de grossesse). Alors c’est logique que la contraception hormonale (pilule, patch, stérilet hormonal, implant) ait une influence sur l’abondance des règles. Mais là encore, ça dépend de chaque personne, et de son traitement. C’est fréquent que le DIU en cuivre rende les règles plus abondantes et plus longues en effet secondaire chez certaines femmes. En cas de doute sur sa contraception, c’est dans tous les cas toujours bien de faire des points réguliers. Au pire (mieux ?), on change de contraception !

3 - Quand dois-je consulter  ?

Dès que vous en ressentez le besoin ! Une consultation chez le médecin, c’est aussi pour recevoir de bons conseils, mieux comprendre et mieux vivre ses règles (c’est cool ça). Dialoguer avec un professionnel de santé est le meilleur moyen pour appréhender sereinement ce qui se passe dans son corps, et réagir s’il y a un pépin. Pour les règles, vous pouvez bien sûr aller chez le généraliste, le gynécologue, et aussi chez la sage-femme.

 

Les saignements eux-mêmes aussi hors période de règles, doivent être signalés à son médecin. Si vous ressentez que quelque chose cloche… c’est sûrement vrai ! On cite ici 2 problèmes de santé connus, mais la cause réelle des saignements trop importants varie d’une personne à une autre. Les règles abondantes sont parfois le symptôme d’une autre pathologie.

Gare à l’anémie !

Quand on a des règles abondantes, et surtout de façon récurrente, il arrive de se sentir faible. En gros, quand on perd beaucoup de sang, on a tendance à avoir une carence en fer. Ça s’appelle l’anémie et c’est gênant au quotidien. Le sentiment de faiblesse peut durer plusieurs jours, et pas seulement au moment des règles. Pour savoir si on en souffre, un bilan sanguin se fait rapidement. On peut se voir prescrire des compléments alimentaires. Pour prévenir cette carence, vous pouvez aussi adapter votre alimentation pendant les règles. Cependant, en cas d’anémie sévère, ça peut ne pas suffire. D’où l’importance de consulter !

Règles abondantes + Douleurs = Allô, Docteur  ?

Les règles douloureuses (dysménorrhées), ça n’a rien d’anodin. Même si elles peuvent être fréquentes et qu’on vit avec en s’adaptant, on est d’accord que ça reste franchement (vraiment) enquiquinant. On s’en passerait sans problème ! 

 

Quand les douleurs de règles sont accompagnées d’autres symptômes comme la ménorragie, c’est peut-être un signe d’endométriose. Cette maladie touche une femme sur 10 (en vrai c’est beaucoup). En gros, l’endomètre, qui s’est gonflé pendant le cycle, a des morceaux qui circulent anormalement dans le corps. C’est ce qui crée les douleurs et d’autres complications médicales. Plus le diagnostic se fait tôt, mieux on peut traiter la maladie. Malheureusement, la médecine n’a toujours pas de remède qui guérisse totalement l’endométriose. Malgré ça, il existe des traitements et des solutions pour au moins aider à ce que cela n’empire pas. Surtout, il y a des astuces et des choses à savoir pour mieux vivre l’endométriose au quotidien. 

4 -  Les conseils pour (mieux) vivre ses règles abondantes by Gina  !

Pour se sentir mieux (à défaut de bien) quand on a des règles abondantes, la première astuce est d’utiliser une protection hygiénique adaptée. Y’a pas grand chose de plus désagréable de ne pas se sentir au sec ! 

Serviette ou tampon, c’est votre choix ! Le tout est de prendre selon ce qui vous semble le plus confortable, à porter et à changer. Pendant vos règles, vous allez régulièrement aller aux toilettes pour changer de protection, alors on voit en fonction de ce qu’on préfère ! Le plus important est de choisir la protection avec la capacité d’absorption élevée. Côté serviette, on peut même aller vers les serviettes de nuit. “Nuit”, c’est sur l’étiquette, mais rien n’empêche de les porter en journée si on en ressent le besoin ! 

Pour les personnes qui préfèrent les tampons et qui craignent les fuites, c’est toujours possible de mettre aussi un protège-slip dans sa culotte en plus.

 

On l’a déjà dit, mais en parler à son médecin, ce n’est jamais inutile. Les règles, on en a presque toute sa vie (eh oui). On n’est pas obligé•e de souffrir en silence et de subir sans rien dire ! Le médecin est aussi là pour conseiller et expliquer le fonctionnement du corps humain. Le cycle menstruel n’échappe pas à la règle. Et ça peut même déboucher vers un traitement, ou des examens complémentaires quand il pourrait y avoir un autre problème de santé derrière tout ça.

 

D’autant plus que les règles abondantes s’accompagnent souvent de douleurs (encore elles ?!). On a plusieurs articles qui parlent des remèdes pour soulager les dysménorrhées : 

 

Enfin, il ne faut pas sous-estimer l’impact psychologique des règles abondantes. Oui, ça rend grognon (#grumpf). C’est normal après tout, c’est les chutes du Niagara dans la culotte ! En parler autour de soi, simplement, est aussi un moyen de lever le tabou autour des règles. Oui, nous avons nos règles, oui ce n’est pas très agréable parfois, et oui c’est une bonne raison d’être de mauvaise humeur aussi. Ce n’est pas un manque de volonté, ou un caprice, les règles… c’est la nature ! 

 

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