La baisse de libido, on en parle ?

ON VOUS EXPLIQUE TOUT : POURQUOI ÇA ARRIVE, POURQUOI C'EST OK, ET CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE.

C’est quoi, un trouble du désir sexuel ? Comment comprendre si c’est grave ou pas de ne pas avoir envie (d’avoir envie) ? Et comment, si on en ressent le besoin, booster sa libido pour retourner twerker sur le dance-floor du désir ? 3615 Gina, tout est là.

 

Avant toute chose, que ce soit dit : ne pas avoir de libido n’est pas forcément un problème - et encore moins un problème médical. On peut être asexuel·le, ou juste se définir comme une personne qui n’a pas envie de sexe en ce moment. On peut passer deux semaines, deux mois, 6 ans sans le faire si on n’en a pas envie. Bref : l’injonction au sexe et à la sexualité (active / épanouie) : non merci. Car le sexe, on n’est pas (jamais !) obligé·es de le faire. #dropthemic

#1 : L'INVISIBILISATION DU DÉSIR FÉMININ

Petit exercice introductif : avez-vous déjà entendu parler des troubles du désir sexuel chez les hommes ?

Réponse : oui. On ne va pas parier mais vous avez sûrement souvent croisé articles, conversations et même solutions médicales s’attaquant de front à la question “centrale” des troubles de l’érection masculine. En témoigne d’ailleurs la création d’un viagra masculin dès les années 90.

Ce qui se cache là-dessous ? Une préoccupation à peine genrée de la question du désir sexuel, qui voudrait que celui des hommes aie plus d’importance que celui des femmes. À la question du désir féminin, on oppose la même réaction qu’à celle de leur plaisir : rien à foutre. Oups, on voulait dire : secondaire. Pas mieux.

Pour résumer, les femmes sont coincées entre une injonction à la sexualisation (= femmes objets) et un tabou monstrueux entourant leurs sexualités, plaisir et désirs (= slut-shaming). Il devient de fait beaucoup plus compliqué de discuter de leur désir sexuel et de son absence. Les hommes, de leur côté sont pris entre une injonction à la sexualité (= fuck-boys) et un culte de la performance (= plus fort, plus longtemps). La question de leur désir est donc aussi valorisée que centrale - et tout aussi archétypale. Vous la sentez passer, la dissonance ?

#2 : DÉSIR FÉMININ : ENTRE INJONCTIONS ET SOLUTIONS

La clé pour bien aborder cette question est de savoir si oui, ou non, cela vous pose problème et si vous avez envie, en gros, d’avoir envie. Pour s’épargner des migraines et des doutes, l’idée serait de s’assurer que ce que vous ressentez comme un manque de libido n’est pas lié à :

  • une injonction à la sexualité active (“envoie-toi un peu en l’air, c’est les plus belles années de ta vie !”)
  • une injonction à la sexualité épanouie (“comment ça t’as toujours pas eu d’orgasme à ton âge ?”)
  • une injonction venant de son ou sa partenaire à avoir des rapports sexuels (“allez, fais un effort, après tout, ça fait longtemps”)

Parce que LA VRAIE QUESTION, c’est vous, votre corps, votre plaisir et ce qu’il vous tente ou pas d’explorer ou de faire. Et si on insiste lourdement là-dessus, c’est aussi parce que ces différentes formes d’injonction peuvent impacter nos sexualités et notre libido.

#3 : BAISSE DE LIBIDO CHEZ LES FEMMES : LES CAUSES ÉVENTUELLES

Il faut savoir qu’en France, les troubles du désir sexuel touchent de nombreuses personnes : il s’agirait du trouble sexuel le plus courant, et l’une des premières causes de consultation pour des problèmes sexuels.

Il peut s’agir d’un trouble médical, qu’on appelle aussi Désir Sexuel Hypoactif (un déséquilibre hormonal et neuronal à l’origine de la chute de la libido - parlez-en à votre médecin) ou bien d’une baisse de libido plus “circonstancielle”.

Comprenez : un ou plusieurs facteurs physiques, psychiques ou hormonaux venant impacter le désir sexuel à un moment de la vie, tels que :

  • Des changements hormonaux comme la ménopause, la grossesse, l’allaitement, la prise d’une pilule contraceptive (ou un faible taux de testostérone).
  • Des douleurs lors des rapports sexuels - ou un inconfort. Sachez à ce sujet que des douleurs pelviennes intenses pendant les rapports peuvent être liées à l’endométriose.
  • D’autres maladies impactant le désir sexuel comme l’hypertension, la dépression et d’autres affections neurologiques - mais aussi la prise de certains antidépresseurs.
  • Il est fréquent que des femmes rencontrant des troubles du désir sexuel aient subi des violences sexuelles au cours de leur vie. Entre stress post-traumatique et résilience, retourner à sa sexualité peut demander une bonne dose de self-care et d’accompagnement de la part de ses partenaires pour naviguer en confiance dans la redécouverte de son plaisir.
  • La fatigue, la consommation d’alcool, de drogues peuvent aussi jouer un rôle. Comme tout ce qui impacte votre hygiène et votre qualité de vie, et le temps que vous vous accordez et que vous accordez à votre partenaire de manière générale (#lequotidienisabitch).

#4 : COMMENT BOOSTER LA LIBIDO FÉMININE ?

Pour faire le point sur le sujet, disons qu’à moins qu’elle ne soit diagnostiquée comme un trouble médical, la baisse de libido est le plus souvent liée à des circonstances de la vie.

Parce qu’elle peut être une cause de souffrance et impacter la qualité de vie ou d’une relation, l’idée serait essentiellement de briser la glace (et le tabou) pour reprendre contact avec soi-même, son/sa partenaire, et sa sexualité de manière saine et sereine. En attendant, passez en mode self-care et tentez ces quelques pistes :

  • Reposez-vous et dormez bien. On sait que c’est facile à dire, mais les petits détails comptent aussi. Car le stress, l’anxiété, la fatigue, on l’a vu, impactent le désir sexuel. Prenez du temps pour vous, prenez des bains, ou faites vous masser (oh oui).
  • (Re)faites du sport à votre rythme - ou à votre sauce. Parce que les endorphines c’est bon (c’est bien), que votre corps s’exprime (encore mieux) et que ça stimule la circulation sanguine et la production de testostérone (qui stimule le désir sexuel).
  • Mangez des aliments riches en zinc qui boostent la libido féminine, en encourageant la production de testostérone. Les asperges (qui stimulent la production d’hormones sexuelles, juré), les bananes (#potassiumorgasm), le saumon (riche en omega 3 qui stimule la circulation sanguine #érectile).

 

ET SURTOUT, surtout n’oubliez pas de communiquer (partager ce que vous ressentez à un·e médecin, un·e ami·e, son/sa partenaire), décomplexer (reconnaître que ça arrive, et chercher des solutions en solo ou ensemble si on en a envie), déculpabiliser (prendre son temps, et aller à son rythme à la (re)découverte de son désir par la masturbation féminine par exemple).

 

Pour aller plus loin : surfez et squattez la plateforme Unblush (en anglais seulement). Un safe-place bienveillant et bien renseigné pour prendre la parole et découvrir les troubles du désir sexuel féminin sans fard et sans tabou.

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