Hymen et virginité : c'est quoi le lien (et y en a-t-il un) ?

Oyez, oyez, personnes curieuses et en quête de réponses, et préparez-vous pour le brainfuck ! Aujourd’hui, Gina casse la figure aux idées reçues sur la virginité (it was about time) ET sur son prétendu lien avec l’hymen. Un seul conseil pour bien aborder le sujet : OUBLIEZ TOUT ce qu’on vous a toujours dit, car il y a de grandes chances que ce soit n’importe quoi (oups). 


Alors, alors, déjà pour commencer : what is l’hymen ? Tout simplement une petite membrane qui se situe à l’entrée du vagin et dont la forme varie selon les personnes. What else ? Eh bien l’hymen, fondamentalement et biologiquement, ne sert à rien de précis. Un peu comme votre appendice, si vous voulez. D’ailleurs, certaines personnes naissent sans hymen (tout comme certaines naissent sans appendice, that’s life). Et surtout (surtout) : l’hymen et sa physionomie ne peuvent en aucun cas être pertinents médicalement pour dire d’une personne si elle est vierge ou non (d’ailleurs il n’y a aucun moyen médical de prouver la virginité d’une personne). 


Maintenant qu’on a dit tout ça, time to approfondir le sujet avec cet article : qu’est-ce que l’hymen (et dans le détail, SVP) ? Ça veut dire quoi “perdre sa virginité” ? Est-ce que ça ne veut pas un peu rien dire ? (Spoiler : oui). Est-ce que ça fait mal quand l’hymen se déchire ? Est-ce que c’est définitif, en fait ? Est-ce que je peux rompre mon hymen avec un tampon / en faisant du sport / en tapant un grand écart en cours de gym ? 

 


        Coucou les questions pertinentes qui ne demandent qu’à être correctement abordées (pour une fois). Attention, cure détox du cerveau dans 3, 2, 1… 

         

        1. L’hymen : c’est quoi, à quoi ça ressemble et à quoi ça sert, au juste ? 

        Petit point médical et biologique pour commencer : l’hymen kesseussé


        Primo, on peut le définir comme une membrane de type assez fine qui sépare le vagin de la vulve. Deuxio, il est situé à environ 1 centimètre de l’entrée du vagin (#pasloin) et en ferme partiellement l’entrée. Partiellement pourquoi ? Eh bien parce que c’est par voie vaginale que s’écoulent les règles, et les pertes blanches ou marrons, par exemple. 


        Donc, mise au tapis du mythe numéro 1 : un hymen n’est PAS une sorte de “scellé” vaginal. Parce que si, comme le veulent les idées reçues, “l’hymen est une porte qui ferme l’entrée du vagin jusqu’à la virginité” (en gros)… eh bien par où s’écouleraient les règles, du coup ? Duh. 


        Autre chose importante à retenir (pour évacuer des complexes qui n’ont pas lieu d’être) : il n’existe PAS d’hymen “normal”, et il y en a en fait de toutes sortes, avec tous types de physionomies... Un peu comme la vulve, en gros ! D’ailleurs, et pour rappel, certaines personnes naissent aussi sans hymen, comme on vous le disait en intro. 

         

        Crédit illustration : Gynanco


        Last but not least, notez bien aussi que l’hymen ne sert à rien : c’est ce qu’on appelle un “vestige embryonnaire” aka une membrane qui avait une fonction au moment de la grossesse (#gestation), pour que tous les organes puissent se développer normalement. 


        Après ça ? Eh bien, il n’a plus aucune “utilité”, en gros. Il n’a aucune fonction dans le plaisir sexuel (au contraire, justement), ou dans le bon fonctionnement des organes génitaux / reproductifs. Vous commencez déjà à capter pourquoi il n’y a donc pas de vrai lien entre ”l’état de l’hymen” et la virginité d’une personne, non ? :) 

        1. Clitoris / 2. Petites lèvres / 3. Méat urinaire / 4. Hymen / 5. Orifice vaginal
        2. Hymen intact   B.  Hymen déchiré

        Crédit illustration : Gynanco

         

        Ok mais du coup : pourquoi on peut saigner lors d’un premier rapport avec pénétration vaginale ? 

        Eh bien parce que selon les personnes, lhymen peut-être plus ou moins vascularisé, which means qu’il y aura plus ou moins de petits vaisseaux sanguins dans cette membrane. 


        En gros : plus cette membrane est vascularisée, plus il y a de risque de saigner lors d’un premier rapport avec pénétration (ou autre, d’ailleurs). C’est “physiologiquement”... “logique”, mais c’est loin d’arriver à tout le monde ! Et on y reviendra, mais ça ne veut certainement pas dire que c’est normal d’avoir mal (NOPE) :). 


        Notez bien d’ailleurs que la plupart du temps, les douleurs que l’on peut ressentir au cours d’un premier rapport sexuel avec pénétration sont le plus souvent liées à un problème de LU-BRI-FI-CA-TION. Donc : ciao-bye les idées reçues qui voudraient nous faire croire que la première fois = plus de mal que de kif. 


        Surtout quand on sait que des “préliminaires bien menés” (= on entend par là, prendre le temps de faire plaisir à l’autre sans passer direct par la case pénétration, surtout dans le cadre d’un rapport hétéro), et un bon tube de lubrifiant peuvent aider. 

         

        2. “Perdre sa virginité” : pourquoi cette expression est claquée au sol ? 


        Posons les bases : la virginité est un concept qui n’a PAS de réalité médicale tangible. C’est-à-dire que la virginité n’est pas quelque chose qu’on peut “prouver” comme on l’a vu : c’est plus un concept construit socialement et culturellement autour d’idées (on vous le donne en mille) patriarcales. 

        Pour tout capter, retour au XIXème siècle en Occident (ou ailleurs, hein), où le concept de virginité joue un rôle central dans l’établissement du contrat de mariage. Pour la faire simple, à l’époque, et surtout dans les milieux bourgeois, s’assurer de la virginité d’une femme (pas d’un homme, évidemment -_-) = garantir un bon mariage à la famille, avec une descendance légitime

        Bref, pour résumer, la virginité était une preuve de qualité morale et physique, aka un concept fumeux s’appuyant sur des idées discriminantes qui permettait soi-disant de s’assurer de la vertu / pureté / fréquentabilité (...) d’une femme. Horrible, huh ? Eh bien dites-vous que ce genre d’histoires existait encore en France il n’y a pas si longtemps

        C’est une idée socialement très ancrée qui pèse toujours sur nos corps et nos vies sexuelles aujourd’hui, comme en témoigne le slut-shaming (= le fait de dénigrer les femmes qui sont sexuellement actives), qui s’abat encore (et encore) sur celles qui vivent leur vie sexuelle librement, et qui, par exemple, multiplient les relations et partenaires sexuels sans s’engager dans une relation amoureuse / longue, comme le veut le modèle relationnel “traditionnel”.  

         

        Pour “perdre” sa virginité, il faut que quelqu’un la “prenne”, du coup ? 

        Comprenez bien aussi que si le concept de virginité était (et reste) si important dans nos sociétés patriarcales, c’est parce qu’il permet de s’assurer de la domination masculine : d’où la notion de “défloration” (= perte de la virginité d’une femme) par un homme (cis) plus expérimenté, qui initie “la femme” soi-disant “pure” aux plaisirs charnels (coucou Les Liaisons Dangereuses de Laclos, et coucou l’invisibilisation du consentement et du plaisir sexuel). 

        Bref : c’est la fameuse idée de “perdre sa virginité”, qui, chez Gina, nous semble poser un peu problème dans la mesure où… votre corps vous appartient. Personne ne peut vous le prendre, vous le voler, ou vous en déposséder. Un rapport sexuel, c’est un échange, une collaboration… Qui, idéalement, se fait dans la joie, le consentement, la communication, et le PARTAGE. Oui, oui <3 

         

        D’ailleurs, ça veut dire quoi “être vierge” ? 

        Si tant est qu’on considère deux secondes la théorie qui voudrait qu’être vierge = ne pas avoir été pénétré·e par un pénis, alors on fait quoi du sexe entre femmes

        Les lesbiennes seraient donc selon cette logique : 1/ vierges toutes leur vie, 2/ tout en atteignant l’orgasme jusqu’à 20% plus souvent que les femmes hétéro. Vous voyez bien que cette histoire ne tient pas la route, mais approfondissons quand même. 

        Comme l’explique très bien cet article de Buzzfeed, qui cite la chercheuse Rose Olson : «L'hymen ne se "casse" pas la première fois que vous avez un rapport sexuel, (...). Un examen de l'hymen ne peut pas prouver qu'une personne a eu un rapport sexuel vaginal et n'indique rien concernant son passé sexuel. Aucun hymen n'est identique. Même les médecins les plus chevronnés ne peuvent pas faire de distinction entre un hymen "vierge" et un hymen "non-vierge"».


        Compris ? Bon. :) 

         

        3. La rupture de l’hymen : qu’est-ce qui peut la causer et est-ce que ça fait mal ? 

        Point technique au-delà des idées reçues : puisque l’hymen est une membrane, il est possible qu’elle se rompe. On parle alors de rupture de l’hymen, mais c’est quand même un peu plus compliqué que ça. Pourquoi ? 

        Eh bien déjà, parce que, comme on l’a vu, l’hymen ne ferme que partiellement l’entrée du vagin. Which means qu’un premier rapport sexuel avec pénétration ne déchire pas l’hymen, mais plutôt qu’il “l’étire”... ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas avoir mal, même si on vous le répète, ces douleurs viennent le plus souvent d’un manque de lubrification (!).

        Ensuite, parce que, comme on vous le disait plus haut, il n’y a pas qu’un seul type d’hymen, et que ceux-ci peuvent, de base, avoir une ouverture, une forme, et une élasticité très variée… allant de l’absence d’hymen, à un hymen qui obstrue quasi totalement la voie vaginale (ce qui peut rendre difficile l’utilisation de tampons avant le début de la vie sexuelle, mais on y reviendra). 

        Ce qu’il faut bien retenir en tous les cas, c’est que la physionomie de l’hymen est aussi impactée par les fluctuations hormonales. Citons à nouveau la chercheuse et autrice Rose Olson pour bien comprendre : «L'hymen est un fragment de tissu mince et souple qui change avec le temps et avec l'exposition à l'œstrogène à la puberté. Il peut s'étirer et se déchirer facilement. Lorsque vous faites l'amour pour la première fois, il est peut-être déjà indétectable.»

        Last but not least, il faut savoir aussi que l’hymen est une membrane qui cicatrise très bien, contrairement à ce que dit la légende (qui n’est pas sans lien avec le nombre d’hyménoplasties). Toujours selon Rose Olson : «Plusieurs études ont démontré que les blessures de l'hymen guérissent rapidement et ne laissent aucune preuve de traumatisme antérieur. La plupart des blessures guérissent si bien qu'après quelques jours ou quelques semaines, il est souvent difficile de savoir si l'hymen a été blessé ou pas.»

        En résumé : quand bien même vous vous seriez fait mal, que ce soit au cours d’un rapport sexuel avec pénétration vaginale, dans une séance de masturbation en solo avec un sex-toy, ou en faisant de l’équitation… cela n’aurait en aucun cas la capacité de vous ôter votre “virginité” (ce qui ne veut rien dire, hein, rappelons-le) ou de rompre “définitivement” votre hymen.

         

        Bonus anti-idées reçues : puis-je rompre mon hymen avec un tampon ? 

        On termine là-dessus parce que c’est notre rayon (héhé) : il est très peu probable que vous puissiez rompre votre hymen en utilisant un tampon périodique, et cela n’aurait de toute façon, aucun impact sur votre “virginité”. Which means qu’il n’y a pas de contre-indication à utiliser des tampons quand on est “vierge” ou d’âge “minimum” pour utiliser un tampon tout court, en fait. 

        Bon à noter toutefois : l’utilisation d’une coupe menstruelle, qui est plus volumineuse (TMTC), peut parfois provoquer davantage de douleurs. De même, si vous avez peur / mal au moment de votre première fois avec un tampon, c’est peut-être juste que vous ne savez pas comment vous y prendre ! Donc no panic, no stress : reprenez le sujet par la base, avec notre article dédié. 

        Si vous avez bien tout suivi jusqu’ici, vous savez aussi dans tous les cas que la taille du “trou” présent sur l’hymen et qui permet aussi bien l’évacuation des règles que le fait d’insérer un tampon (ou un doigt, ou un spéculum) est très variable et n’a pas de lien avec votre vie sexuelle / le choix de vos protections périodiques

        Le mieux pour s’éviter des douleurs (et/ou des craintes) = bien se renseigner, tout simplement. On vous laisse donc nous suivre sur notre article dédié pour en savoir plus sur l'utilisation de tampons quand on est vierge ! 

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