Hymen et saignements : pour en finir avec les idées reçues

Si vous êtes un·e élève assidu·e à la Gina School (héhé), vous avez peut-être déjà lu notre article sur le lien entre l’hymen et la virginité. On vous y expliquait (en gros) pourquoi il n’y a pas de lien entre l’état de l’hymen et la virginité d’une personne... et pourquoi les croyances dépassées ET sexistes que l’on entend encore aujourd’hui autour du premier rapport sexuel étaient à mettre à la poubelle (oups). 


Aujourd’hui, on approfondit et on complète le tableau avec cet article dédié aux saignements de l’hymen; aka cette petite membrane située à l’entrée du vagin, dont la forme et la vascularisation (= la présence de vaisseaux sanguins) varie selon les personnes. C’est d’ailleurs précisément cette vascularisation qui peut expliquer - entre autres - pourquoi certaines personnes saignent plus que d’autres (ou pas du tout !) lors d’un premier rapport sexuel avec pénétration. 


Le plan, dans les grandes lignes : vous expliquer ce qu’est l’hymen et à quoi il sert (spoiler : à pas grand chose); mettre au tapis les idées reçues concernant la so called “perte de sa virginité” (spoiler bis : c’est un concept bidon); parler des saignements et douleurs qui peuvent survenir lors de la rupture de l’hymen (et qui sont loin de nous concerner tous·tes !); et last but not least, causer protections périodiques, sexualité, doutes, et première fois, sans tabou et sans pression (#enmodegina). 


Welcome dans ce guide aussi bienveillant que votre (hypothétique) grande-soeur et aussi bien intentionné que votre (hypothétique) médecin ! :) 

  • Qu'est-ce que l'hymen ? C'est quoi le lien avec la virginité d'une personne ?
    • Ok mais du coup : c’est quoi ce mythe sur le lien entre l’hymen et la virginité ? 
  • La rupture de l’hymen : les saignements et les douleurs sont-ils “obligatoires” ?
  • Tampon et virginité : c’est oui ou c’est non, à la fin ?
  • Se renseigner pour sa “première fois” : où trouver les bonnes réponses et les bons conseils ?
    • Ok mais si je n’ai jamais eu de relations sexuelles et que je suis super stress ?

#1 : Qu’est-ce que l’hymen ? C’est quoi le lien avec la virginité d’une personne ? 

Comme on vous l’expliquait dans notre article sur le lien entre l'hymen et la virginité, l’hymen est globalement à peu près aussi utile que l’appendice pour le corps humain. Vous voyez ce qu’on veut dire ? Il ne sert en fait à rien. C’est ce que l’on appelle un “vestige embryonnaire”, which means que cette fine membrane avait un intérêt au moment de la gestation (quand on était OKLM dans le ventre de notre mère), mais qu’elle n’a plus aucune utilité après notre venue au monde. 

Mais bon, inutile ou pas, essayons de voir quand même un peu ce qu’est cette membrane et à quoi elle ressemble ! 

Concrètement, cette membrane fine est située à l’entrée du vagin et le sépare de la vulve (#vivalavulva). Mais ce qu’il faut savoir, c’est que contrairement à ce qu’en disent les idées reçues, il ne s’agit en aucun cas d’une sorte de “bouchon” qui scellerait l’entrée du vagin jusqu’au premier rapport sexuel (avec pénétration). 

Tout simplement parce que c’est bien par voie vaginale que s’écoulent les pertes blanches et le sang menstruel, qui témoignent du bon fonctionnement de nos organes génitaux / sexuels. 

Sous-titre : si notre hymen restait scellé jusqu’à notre “première fois”, nos règles ne pourraient pas s’évacuer non plus. Vous voyez le tableau (#problème) ? D’ailleurs, sachez qu’il est également tout à fait possible de naître sans hymen (#ehoui)... et que de toute façon, tous les hymens sont différents (= ils peuvent être plus ou moins vascularisés, perforés, souples…) ! 


Ok mais du coup : c’est quoi ce mythe sur le lien entre l’hymen et la virginité ? 

Tout est dans le titre : c’est un mythe ! En fait, ce qu’il faut préciser pour commencer, c’est que le moment qui marque le début de la sexualité se définit individuellement, selon chaque personne, son ressenti, ses désirs et son orientation sexuelle

Which means que votre entrée dans le game de la sexualité peut aussi bien être un cunnilingus qu’un rapport sexuel avec pénétration : seul·e vous êtes en mesure de dire ce qui compte pour votre première fois. Ni votre hymen, ni un hypothétique saignement, ni un·e médecin ne le peuvent… ou n’importe qui d’autre, en fait ! 

D’ailleurs, pour mettre la chose en pratique, dites-vous que la sexualité entre femmes n’implique pas de pénétration par un pénis : cela n’empêche pas moins de vivre sa première fois quand on est bi·e ou lesbienne ! :) 

Pour couronner le tout, et comme l’explique très bien cet article de Buzzfeed, qui cite la chercheuse Rose Olson : «L'hymen ne se "casse" pas la première fois que vous avez un rapport sexuel, (...). Un examen de l'hymen ne peut pas prouver qu'une personne a eu un rapport sexuel vaginal et n'indique rien concernant son passé sexuel. Aucun hymen n'est identique. Même les médecins les plus chevronnés ne peuvent pas faire de distinction entre un hymen "vierge" et un hymen "non-vierge"».

Pour tout capter à l’histoire de l’hymen et de la virginité au temps du patriarcat (#legrandcoupable), on vous invite à relire notre article dédié


#2 : La rupture de l’hymen : les saignements et les douleurs sont-ils “obligatoires” ? 

On l’a vu en première partie de cet article mais précisons : dans la mesure où l’hymen est une membrane (et même si elle ne ferme que partiellement l’entrée du vagin), il est tout à fait possible qu’elle se rompe ! 

Si ça saigne, si ça fait mal ? Ça arrive, mais pas forcément. 

  • Côté saignements, ce qu’il faut retenir, c’est que ceux-ci dépendent de la vascularisation de l’hymen. On s’explique : cette petite membrane est en effet blindée de mini vaisseaux sanguins, mais de manière fluctuante selon les personnes. Ce sont précisément ces vaisseaux sanguins qui peuvent, lors de la “rupture” de l’hymen provoquer des saignements. Mais parce que l’hymen peut avoir moult physionomies différentes, c’est loin d’être une obligation. Plus encore, il faut savoir que l’hymen cicatrise particulièrement bien. Sous-titre : même si vous vous faisiez mal en cours de gym / en faisant du poney ou avec votre partenaire sexuel… il serait impossible de le constater à l’oeil nu ou au moment d’un examen médical après quelques semaines. Bon à savoir : selon le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français, près de 50% des femmes ne saignent pas lors de leur premier rapport avec pénétration vaginale.
  • Côté douleurs, ce qu’il faut retenir (et c’est très important), c’est que souffrir lors de son premier rapport sexuel avec pénétration n’est ABSOLUMENT PAS une obligation. En vérité, la plupart du temps ces douleurs sont causées par un manque de lubrification. Mettez là-dessus le stress éventuel lié à la pénétration vaginale (qui peut mener au vaginisme) et vous tenez la “recette” des douleurs lors d’un premier rapport. La clé pour les éviter ? Prendre son temps. Et comprendre que ce que l’on appelle (à tort) les préliminaires font tout autant partie du plaisir et de la sexualité que la pénétration, particulièrement dans le cadre d’un rapport hétéro (mais on en reparle en dernière partie de cet article !). 

#3 : Tampon et virginité : c’est oui ou c’est non, à la fin ? 

Autre idée reçue au pays de l’hymen, de la virginité et des saignements : celle qui voudrait nous faire croire qu’il n’est pas possible d’utiliser une protection périodique interne avant notre premier rapport sexuel, au risque de mettre notre virginité “en péril” (ce qui ne veut rien dire, pour rappel !). 

Donc au risque de nous répéter : on peut porter des tampons quand on veut à partir du moment où l’on a ses premières règles, sans risques pour notre santé. La seule contre-indication qu’il y a, serait tout simplement de ne pas en avoir envie (#fautpasseforcer). 

Côté coupe menstruelle (ou cup dans le jargon), même topo : vous pouvez en porter comme vous le voulez à partir de vos premières règles, tout en veillant bien à choisir plutôt un petit modèle. Néanmoins notez bien que comme les cups sont plus volumineuses que les tampons, il est possible que ça vous fasse mal… dans ce cas là, mieux vaut prendre son temps (et il reste toujours les serviettes ou les culottes menstruelles, TMTC !). 


Retenez bien dans tous les cas que la clé pour ne pas souffrir quand on met un tampon… est tout simplement de prendre son temps pour bien le mettre. On vous remet en ce sens une petite pressothèque dédiée à la question des tampons, de la virginité et tout le toutim : 



#4 : Se renseigner pour sa “première fois” : où trouver les bonnes réponses et les bons conseils ? 

C’est sûr : le début de la vie sexuelle (qu’on peut aussi appeler “première fois”, mais ON LE RÉPÈTE sans qu’il y ait pour autant pénétration) marque un moment fort de nos existences humaines. 

Parce que c’est un moment qui arrive en général au début de notre vie de (jeune) adulte, et qu’il implique plein de découvertes étonnantes : celle de notre corps, jouissif et complexe, celle du corps d’une autre personne, celle du plaisir, de la contraception etc… bref : c’est un joyeux bazar, et ça peut en stresser plus d’un·e

Un bon truc à se dire pour faire tomber un peu la pression = réaliser qu’il y a fort peu de chances que nos premières fois soient les meilleurs moments de sexe de notre vie (hihi). 

Parce qu’on est là pour apprendre à se connaître, que ça peut prendre du temps, et que, fort heureusement, avec 8000 terminaisons nerveuses sur notre clitoris, on n’a pas fini d’explorer les possibilités de jouissance tout au long de notre vie (you-pi).

Pourquoi on vous dit tout ça ? Parce qu’il est important de comprendre que personne ne vous demande de tout savoir au début de votre vie sexuelle (ce serait impossible t’façon). Et que le meilleur moment et la meilleure manière d’aller à la découverte de sa sexualité, c’est encore… d’en avoir envie, tout simplement. 


Ok mais si je n’ai jamais eu de relations sexuelles et que je suis super stress ? 

Pas de panique : on est tous·tes passé·es par là un jour ! Retenez bien dans tous les cas que rien (et surtout personne) ne peut vous forcer à avoir une relation sexuelle si vous ne vous sentez pas prêt·e. 

Concernant la question de l’hymen et des saignements, on l’a vu : ces réactions du corps varient selon les personnes et il n’est donc pas possible de savoir si vous allez saigner ou pas lors de votre première pénétration vaginale. La clé en tous les cas est bien de vous souvenir que c’est OK de saigner... si ça ne vous fait pas mal

Si ça vous fait mal : zou, on arrête. Et on prend le temps de faire des bisous, des câlins, des caresses, et de filer acheter un tube de lubrifiant (idéalement à base d’eau pour ne pas déséquilibrer la flore vaginale) pour éviter les douleurs. 

N’hésitez pas en tous les cas à aborder sans gêne et sans tabou la question de votre virginité avec votre médecin ou votre gynéco (si vous êtes à l’aise), ou avec des personnes de confiance de votre entourage : ce peut-être un·e amie qui a plus “d’expérience” que vous, votre grande soeur si vous en avez une, votre mère si elle est ok pour aborder le sujet avec vous… qui vous voulez ! 

Enfin, n’oubliez pas qu’une des personnes les plus importantes à qui vous devez parler de ce que vous ressentez par rapport à votre première fois = votre partenaire. De quoi mettre au tapis les doutes et les angoisses, et parler ouvertement de ce que vous aimeriez ou ce qui vous ferait du bien… sans vous stresser non plus si vous n’en savez rien ! :) 

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