Flore vaginale : qu'est-ce que c'est et comment en prendre soin ?

Ouvrez grands vos oreilles, vos chakras et vos cerveaux, parce qu’aujourd’hui on aborde un sujet de la plus haute importance : la flore vaginale (aka flore intime, aka microbiome vaginal, OUI, tout ça en même temps). 


Ce que c’est ? Oh, rien que l’ensemble des micro-organismes qui vivent en harmonie (enfin, le plus souvent) avec notre corps et, notamment, à l’intérieur de nos vagins. Leur rôle ? Protéger, nettoyer, et maintenir en bonne santé vos organes génitaux / sexuels (chill). 


Tout ça vous semble parfaitement complexe et obscur ? C’est tout à fait normal (sorry). Car en vérité, on n’entendait encore que très peu parler du microbiote humain il y a quelques années. Ça ne fait d’ailleurs pas si longtemps qu’on désigne par exemple la flore intestinale comme étant le deuxième cerveau humain. #visezlampleurdusujet 


Pour vous aider à y voir plus clair, Gina fait le tour du sujet dans cet article, en mode pédago et pas prise de tête, comme toujours.

Trop de questions sans réponses, c’est vraiment pas possible. Allez, c’est parti, on vous raconte. 

La flore vaginale : qu’est-ce que c’est que ce truc, et comment ça marche ?  

Si vous galérez à comprendre ce qu’est la flore vaginale, c’est peut-être parce qu’il faut reprendre l’histoire depuis le début. ALORS DÉJÀ : le microbiote humain, qu’est-ce que c’est ? 


Ce sont l’ensemble des micro-organismes, levures, et bactéries qui vivent à l’intérieur de nos corps. On en trouve surtout dans les intestins, tmtc, puisque la flore intestinale pèse à elle seule plus de 2 kilos et regroupe pas moins de 100 000 milliards de bactéries (la folie). Il a d’ailleurs été prouvé que celle-ci serait en fait notre “second cerveau” : on y trouverait à peine 2 millions de neurones, qui seraient en contact direct avec le cerveau (l’autre, du coup). Mais ça n’est pas tout. 


Le deuxième endroit du corps humain où le microbiome est le plus développé après les intestins, c’est… le vagin (eh oui !). En gros, tout comme vos intestins, (mais aussi votre bouche, ou votre nez, pour info #muqueuses), votre vagin héberge des millions de bactéries qui se portent garant de son bon fonctionnement : c’est d’ailleurs précisément grâce à cette flore vaginale que l’on dit du vagin qu’il est autonettoyant. 


Et ça, c’est quand même super cool... Mais comment ça marche, en fait ?  

Quel est le rôle de la flore vaginale ? 

Ce qu’il faut savoir pour commencer, c’est que le microbiote humain abrite en quantité des “bonnes” bactéries qui aident nos corps et nos organes à lutter contre celles dites pathogènes. Les deux types de bactéries les plus courants sont appelés les Lactobacilles et les Bifidobactéries (on est sur des noms relous, on sait). 


Ce sont les Lactobacilles que l’on retrouve en plus grande quantité dans le vagin. Si vous voulez le détail du truc, dites-vous que selon Wiki une flore vaginale en bonne santé contient les Lactobacilles suivants : Lactobacillus acidophilus vaginalis, L. fermentum, L. plantarum, L. brevis, L. jensenii, L. casei, L. cellobiosus, L. leichmannii, L. delbrueckii et L. salivarius.


Maintenant qu’on a dit tout ça, essayons de regarder dans le détail les rôles que jouent ces bactéries de type friendly


  • Elles jouent le rôle de super-vigiles du vagin, et permettent d’éviter l’adhérence de bactéries pathogènes aux muqueuses vaginales. Le but : vous mettre à l’abri des mycoses ou des infections.

  • Elles produisent des substances comme des acides lactiques, du peroxyde d’hydrogène et plein d’autres trucs chouettes (biofilms protecteurs, antibiotiques naturels…). Ces bactéries et substances tapissent d’une sorte de microfilm la muqueuse utérine, de manière à protéger le vagin. 

  • Elles permettent le maintien d’un pH vaginal équilibré (= légèrement acide), soit à environ 4,5.

Pour finir, notez-bien que la “composition” de chaque microbiome vaginal est unique et varie tout au long de la vie des personnes. C’est ce qu’on appelle une “empreinte microbienne”... Aka parle-moi de tes microbes, je te dirais qui tu es ;) (on plaisante !).

Équilibre ou déséquilibre de la flore vaginale : ça veut dire quoi et comment ça fonctionne ? 

Qu’est-ce qui peut déséquilibrer la flore vaginale, au juste ?

Le site Gynanco regroupe en trois grands groupes différents les facteurs qui peuvent impacter / affecter l’équilibre de la flore vaginale : les facteurs hormonaux (because le cycle menstruel, on y reviendra), les facteurs médicamenteux (#antibio), et les facteurs quotidiens (par ex le stress, la fatigue, l’anxiété… la vie, quoi). 


On vous donne quelques exemples pour mettre la chose en perspective : 


  • Vous le savez peut-être déjà, mais la prise d’antibiotiques a pour effet de déséquilibrer le microbiote humain et donc, la flore vaginale. Ce que ça peut vous faire ? Eh bien, des mycoses, pour commencer (#pascool). C’est la raison pour laquelle on peut recommander de faire une cure de probiotiques en parallèle et / ou en amont d’un traitement antibiotique (mais on en reparlera plus tard). 

  • Les rapports sexuels non-protégés… ou a contrario, le port de préservatifs (qui peuvent être irritants pour la vulve / les muqueuses). Mais attention, on n’est pas en train de vous dire d’arrêter les capotes, hein - surtout qu’il a été prouvé que le port de préservatifs permettrait de garder une flore vaginale en bonne santé. Le bon conseil pour y remédier : ne pas lésiner sur le lubrifiant (choisissez-le à base d’eau, et le plus naturel possible !). 

  • Les protections périodiques non-naturelles. Because les perturbateurs endocriniens, les produits chimiques, et tous ces trucs dég**** qui font qu’il vaut mieux choisir des tampons / serviettes en coton 100% bio, à notre avis.

  • Un soin et une hygiène intime non-adaptés au bon équilibre du microbiome vaginal : comme les douches vaginales, ou le choix de savons agressifs pour le pH du vagin. 

Rendez-vous dans la dernière partie de cet article pour plus de conseils ! 


Qu’est-ce que je risque si ma flore vaginale est déséquilibrée ? 


La flore vaginale étant particulièrement fragile et sensible, elle peut se déséquilibrer rapidement et pour de multiples raisons, comme on l’a vu. ALORS : comment ça fonctionne et comment cela se manifeste-t-il ? 


Déjà, point logique : le vagin abrite une flore microbienne de type très fournie. Dans cette mesure, un pH déséquilibré (= pas assez acide, comme on l’a vu) peut se trouver être un environnement de culture favorable pour les mauvaises bactéries. C’est ce qui explique qu’il soit tout de même assez fréquent de déséquilibrer son microbiome vaginal tout au long de la vie et/ou du cycle menstruel. 


Les conséquences les plus fréquentes de ces déséquilibres ? La vaginose bactérienne, les infections urinaires, ou encore les mycoses (= ces deux dernières peuvent malheureusement être à répétition, si c’est votre cas, parlez-en à votre médecin). 


Côté symptômes, on retrouve des douleurs au moment d’uriner (#brûlures), des démangeaisons ou des irritations au niveau de la vulve, ou encore des pertes “anormales” et qui peuvent être malodorantes (marrons, jaunes, verdâtres...).  


La bonne nouvelle (si on veut), c’est qu’il n’y a pas non plus de quoi flipper : le plus souvent, les infections ou autres inconforts que cela provoque sont parfaitement bénins et peuvent se soigner facilement. (on respire).  


Y-a-t-il un lien entre la flore vaginale et le cycle menstruel ? 

 

Spoiler : oui. On s’explique : le corps des personnes menstruées traverse de grands changements et bouleversements hormonaux tout au long de la vie. Ce qui a pour effet de chambouler le microbiome vaginal… et c’est tout à fait normal ! 


Petit zoom par période tout au long du cycle menstruel pour y voir plus clair : 


  • Jusqu’à la pré-puberté, la flore vaginale est moins riche en Lactobacilles = le pH est plus neutre que chez une personne adulte. Côté infections, ça arrive rarement, mais ça reste possible. Ce qui en fait le bon moment pour transmettre / apprendre les bons réflexes niveau pratiques d’hygiène intime (RDV au point 3). 

  • À partir de la puberté, l’équilibre du microbiome vaginal change (obviously). Les potentielles causes d’infection peuvent aussi se multiplier à ce moment-là : port de protections hygiéniques, prise d’antibio, stress, alimentation… les raisons sont multiples. Ce qui en fait le parfait moment pour vivre son premier RDV avec un·e gynéco (si vous voulez) ! 

  • À partir des premières règles, votre microbiome vaginal évolue au fil du cycle menstruel. Le pH du vagin, par exemple, peut-être plus ou moins acide, comme en témoignent les pertes blanches qui peuvent tâcher les sous-vêtements à certains moments du cycle plus qu’à d’autres. What’s more ? Eh bien, c’est aussi théoriquement le moment où vous commencez à utiliser des protections hygiéniquesqui peuvent, selon leur qualité, déséquilibrer le microbiome vaginal

  • Dans le cadre d’une grossesse, alors là, c’est le méga big-bang. Votre microbiote évolue et votre flore vaginale change : elle devient notamment plus riche en Bifidobactéries. L’enjeu ? Stimuler votre système immunitaire (qui en a bien besoin) + fabriquer les bonnes bactéries qui viendront nourrir et constituer le microbiome du bébé au moment de sa venue au monde. 

  • À partir de la (pré)-ménopause, le corps se met à produire moins d’oestrogènes, ce qui a pour conséquence de faire chuter la production de Lactobacilles (hyper-présentes dans la flore vaginale comme on l’a vu). Cela peut provoquer des sécheresses vaginales, démangeaisons, irritations ou infections à surveiller de près. 
  • Et les probiotiques, ça marche ou pas, au fait ? 

    Spoiler (bis) : oui. Enfin, évidemment, ça dépend des personnes et des circonstances, mais les probiotiques peuvent effectivement être d’une grande aide pour favoriser l’équilibre de la flore vaginale


    Petit détour explicatif pour être sûres que vous ayez bien tout capté : les probiotiques sont définis par l’Organisation Mondiale de la Santé comme des “micro-organismes vivants qui, lorsqu'ils sont ingérés en quantité suffisante, exercent des effets positifs sur la santé, au-delà des effets nutritionnels traditionnels”.


    En pratique, prendre des probiotiques revient à ingérer des bonnes bactéries qui sont naturellement présentes dans le corps, mais parfois pas en quantité suffisante / nécessaire. Et si vous nous avez bien suivies, dans la mesure où les bonnes bactéries permettent de lutter contre les mauvaises, c’est tout bénef’ pour votre corps et pour votre santé. 


    Concrètement, ça renforce votre système immunitaire et favorise l’équilibre du microbiome vaginal. C’est la raison pour laquelle on peut vous recommander la prise d’un ovule probiotique dans le cadre d’une mycose et / ou en parallèle d’une prise d’antibio. Bon à savoir aussi : la prise de probiotiques par voie orale (= sous la forme de gélules) est tout aussi recommandée, dans la mesure où l’essentiel de la production de ces bactéries se fait dans le système digestif, et non dans le vagin #actiondirecte. 

    Les bons tips pour prendre soin de sa flore vaginale 

    Voilà. Si vous nous avez suivies jusqu’ici (well done), vous avez en principe toutes les clés pour bien saisir le fonctionnement de votre microbiome vaginal. C’est le moment de vous laisser avec quelques conseils pour prendre soin de votre flore au quotidien (#fragile) :


    • Adopter les bonnes pratiques en ce qui concerne la toilette intime. Which means : ciao les lingettes parfumées, les douches vaginales, les savons pas naturels. On nettoie sa vulve à l’eau tiède, et c’est tout. 

    • Adopter les bons réflexes dans le cadre d’une sexualité active. En d’autres mots : TOUJOURS se protéger (les IST / MST comme la chlamydia peuvent aussi déséquilibrer la flore vaginale) + TOUJOURS faire pipi après le sexe. À chaque fois. Flemme ou pas !

    • Avoir une hygiène de vie et une alimentation saines. Aka arrêter la clope, diminuer les sucres raffinés, faire du sport (de chambre ?)... ET puis quoi encore ?? On plaisante, faites du mieux que vous pouvez :) . Notez bien néanmoins que dans la mesure où l’essentiel du microbiote humain se trouve dans les intestins, il y a effectivement un lien entre la qualité de votre alimentation et l’équilibre de votre microbiote. 

    • Choisir les protections périodiques les plus naturelles possibles. Et surtout (surtout), ne gardez jamais votre tampon / coupe menstruelle / éponge menstruelle plus de 4 heures pour vous mettre à l’abri du Syndrome du Choc Toxique. 

    • Côté fringues et sous-vêtements, même combat : des fibres naturelles et non-synthétiques sont très (chaleureusement) recommandées. Which means : gare aux sous-vêtements trop près du corps qui peuvent irriter les muqueuses et / ou provoquer des mycoses (coucou le string). Gare aussi à ce jean trop petit mais que vous kiffez quand même, et qui vous file des irritations. 


    Enfin, et évidemment, ne lésinez pas sur le self-care. Dormez bien, buvez beaucoup d’eau, mangez 3 repas et 5 fruits et légumes par jour, bref : prenez soin de vous. <3

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