L’adénomyose : qu’est-ce que c’est et comment la reconnaître ?

Adéno QUOI ?? A-dé-no-my-ose ! Compliqué à écrire, à reconnaître et à diagnostiquer, l’adénomyose est en fait tout simplement le “petit nom” qu’on donne à l’endométriose intra-utérine. Aka une pathologie bénigne mais (potentiellement) douloureuse qui touche environ 1 personne menstruée sur 10… et peut-être même plus, tant le diagnostic est complexe et lo(ooo)ong (= entre 6 à 10 ans !). 


Comme l’endométriose, l’adénomyose est directement liée au fonctionnement du cycle menstruel : ses symptômes principaux sont 1/ la douleur (eh oui) pendant les règles (ou pas), ou au moment des rapports sexuels par exemple, 2/ des règles le plus souvent abondantes voire hémorragiques et plus longues que la moyenne, ou débarquant à tout moment du cycle (#lechaos). Pas cool, hein ? 


Ceci dit, tout ça reste à nuancer, puisqu’environ deux tiers des personnes qui font de l’adénomyose n’ont en fait absolument aucun symptôme, selon l’Association EndoFrance (on respire). Bref : c’est “compliqué” !


Mais parce qu’aucun sujet ne résiste à un bon article pédago et bien informé, Gina vous file toutes les bonnes clés pour bien vous renseigner et / ou envisager si nécessaire un rendez-vous avec un·e spécialiste pour un diagnostic. Qu’est-ce que l’adénomyose ? Quel lien avec les règles et avec la contraception ? Quel est son impact sur l’infertilité ? Comment la reconnaître ? Quel traitement choisir ? 


Sans plus attendre : on vous explique ! :) 

L’adénomyose : qu’est ce que c’est, au juste ? 

Si vous squattez souvent le blog de Gina, vous connaissez le principe : impossible de tout capter au fonctionnement de nos corps sans reprendre un peu le sujet par la base. Et puisque l’adénomyose est une pathologie qui, comme on l’a vu, est directement liée au fonctionnement du cycle menstruel, on va commencer par là : les règles, qu’est-ce que c’est ET what is le rapport avec l’adénomyose ?*  

 

*(si vous êtes rodé·e sur le sujet, vous gagnez un bon point et le droit de passer direct au point 2 !) 

 

Règles, cycle et adénomyose : comment ça fonctionne ? 

À partir de la deuxième semaine du cycle menstruel, l’endomètre (= la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus) se gonfle de sang pour préparer l’accueil d’un éventuel embryon (= c’est la nidation). S’il n’y a pas fécondation de l’ovule, cette muqueuse “superflue” se détache et s’écoule sous la forme de sang par voie vaginale : ce sont les règles ! 

 

Vous comprenez donc que l’endomètre joue un rôle ca-pi-tal dans le bon fonctionnement de nos organes génitaux / reproductifs. Mais chez les personnes qui font de l’adénomyose, les choses se passent un peu différemment. 

 

Comment ça ? Eh bien, grosso modo, les cellules de l’endomètre vont se reproduire NON SEULEMENT sur la paroi interne de l’utérus (ça, c’est normal), mais aussi dans le muscle utérin, aka le myomètre, qu’elles vont “infiltrer” (sans y être invitées, TMTC) de manière plus ou moins profonde. 

 

C’est la raison pour laquelle l’association EndoFrance définit l’adénomyose, comme une “anomalie de la zone de jonction entre l’endomètre et le myomètre, qui va laisser des cellules de l’endomètre infiltrer le myomètre”

 

Vous nous suivez ? Bon. 

adenomyose

 

Crédit illustration : EndoFrance

 

Toujours selon l’association, l’adénomyose peut-être soit : 

 

  • Diffuse : which means que différents foyers d’adénomyose sont disséminés à différents endroits du myomètre 

 

  • Focale, aka une adénomyose avec “seulement” un ou quelques foyers sur le myomètre. 

 

  • Externe = quand l’endométriose pelvienne vient infiltrer le myomètre, et se transforme donc en adénomyose (#badcombo). 

 

De même (dernier point, on reste focus), cette pathologie peut-être soit : 

 

  • Superficielle, quand elle touche les 12 premiers millimètres de la paroi utérine (oui, c’est précis !). Côté symptômes, on retrouve souvent des saignements importants pendant et en dehors des règles. 

 

  • Profonde, qui comme son nom l’indique touche le muscle utérin plus en profondeur, et qui peut donc en plus des saignements, provoquer des douleurs importantes.

 

Il faut savoir que la plupart du temps, et à moins que l’adénomyose ne soit à un stade très avancé, ces cellules vont seulement migrer à quelques endroits du myomètre, sans “coloniser” l’intégralité du muscle. Néanmoins ce tissu endométrial (c’est le mot, hein, déso) de type invasif peut se développer progressivement sous la forme de kystes ou de nodules qui sont - entre autres - responsables des saignements abondants et des douleurs. 

 

Ok, mais c’est quoi la diff’ avec l’endométriose du coup ? 

La différence, c’est que l’endométriose est une maladie chronique et inflammatoire qui ne touche pas l’intérieur de l’utérus (parois + muscle utérin comme on l’a vu), mais qui s’étend à d’autres organes. Pour vous pitcher grosso modo, quand on souffre de cette maladie, des cellules (qui sont comme des petits “morceaux” d’endomètre) vont migrer sur d’autres organes : ligaments utéro-sacrés, vessie, rectum, intestins, et parfois même les poumons ou le cerveau, dans les cas les plus graves (!). Elles provoquent ainsi des lésions ou des kystes sur les organes touchés qui peuvent nécessiter une chirurgie pour être retirés.

 

Sachez également qu’on peut souffrir d’adénomyose et d’endométriose en même temps… eh oui :(. Mais il ne faut pas faire de généralités : on peut très bien souffrir d’adénomyose sans endométriose et vice-versa... ou les deux ! 



Adénomyose : pourquoi ça m’arrive ? Qui est concerné·e ? 

Attention spoiler : comme pour l’endométriose, on dispose encore aujourd’hui de peu d’informations sur ce qui cause l’adénomyose… tout comme on ne dispose d’absolument aucun traitement médicamenteux dédié à ce jour (#pascool). Et c’est, quand on y pense, plutôt “logique”, dans la mesure où peu de recherches scientifiques et médicales étaient accordées à ces thématiques il y a encore très récemment. 

Ce qu’on peut vous dire en tous les cas, c’est que cette affection concernerait entre 11 à 13% de la population féminine, et que dans 25% des cas, les femmes touchées ont entre 36 et 40 ans et / ou ont eu un ou plusieurs enfants. Certaines études tendraient à prouver que les personnes ayant subi une chirurgie type césarienne seraient plus susceptibles de développer une adénomyose. Mais rien de sûr ! 

Autre facteur entrant en ligne de compte : l’épaisseur de la muqueuse utérine. L’endomètre peut en effet être plus développé chez certaines personnes et favoriser l’apparition de cette pathologie. On parle dans ce cas d’hyperplasie endométriale (oui, c’est compliqué à écrire, non ce n’est pas une maladie; juste une condition bénigne et fréquente… Mais qui peut favoriser l’apparition de l’adénomyose !). 

Last but not least, la génétique pourrait elle aussi jouer un rôle (#hérédité) ce qui, finalement, nous avance moyen, puisqu’on sait aussi qu’il y a fort peu de chance que nos grands-mères ou nos mères aient pu se faire diagnostiquer cette maladie à une époque… où on ne la connaissait pas encore (ou très peu, ou très mal #oups).

Conclusion : c’est toujours une bonne idée de prendre soin de soi et de chercher des réponses, surtout quand on souffre. On vous donne les bonnes pistes pour mieux reconnaître les symptômes les plus courants, par ici

Adénomyose : quels sont les symptômes les plus courants ?

Pour commencer, sachez que selon EndoFrance, l’adénomyose est une pathologie parfaitement asymptomatique pour environ 2 tiers des personnes qui en souffrent (...ou pas, du coup ;)). En fait, il faut savoir aussi que tout comme pour l’endométriose, l’étendue des lésions n’a pas forcément de lien avec les douleurs ressenties (ou en tous cas, n’est pas “proportionnelle”). 

Maintenant qu’on a dit tout ça, sachez qu’il y a tout de même un certain nombre de symptômes ‘types’ qui peuvent éventuellement vous aider à vous repérer : 

 

  • Si votre cycle menstruel est perturbé : par ex, si vos règles sont anormalement longues et / ou si vous avez des saignements hors-règles (sachant que certains contraceptifs ou encore le SOPK aka Syndrome des Ovaires Polykystiques peuvent également provoquer des saignements hors-règles, pour info).

 

  • Si vos règles sont très abondantes voire hémorragiques. À base de flux de ouf, ou encore caillots de sang, par ex ! 

 

  • Si vous avez des douleurs persistantes au niveau du bas-ventre et / ou des lombaires, ou encore des douleurs pendant les rapports sexuels (#dyspareunies). Ce qui peut-être également le signe d’une endométriose, by the way.  

 

  • Si vous avez des difficultés à tomber enceint·e : puisque l’adénomyose peut affecter la fertilité, comme on l’a vu (on en reparle au point 3) ! 

 

  • Si la pose d’un stérilet au cuivre a rendu vos règles littéralement invivables (= longues, abondantes, et douloureuses). En effet, l’association stérilet au cuivre + adénomyose / endométriose est très déconseillée. Ça vaut le coup d’en parler à votre médecin ! 

 

Du coup, il est aussi fréquent de trouver une anémie (= carence en fer), de la fatigue, ou encore une chute de la libido chez les personnes qui souffrent d’adénomyose. Because le combo douleurs + saignements importants + fatigue = pas cool pour l’organisme, évidemment. 

 

Et si je souffre d’adénomyose ou que je pense en être atteint·e, qu’est-ce que je fais ? 

Définition : OK. Symptômes : OK.

Bon, et si vous vous reconnaissez là-dedans, maintenant qu’est-ce qu’on fait ? 


  • Étape 1 : envisager une démarche diagnostique auprès de votre médecin / gynécologue.  Easy as ABC (enfin… presque) : l’idéal étant de vous rencarder auprès d’un·e spécialiste de l’adénomyose / l’endométriose, pour ne pas risquer de vous retrouver en face d’une personne qui vous dira un truc du genre “vos règles vous font mal ? Mais c’est normaaaaal.” (-> NON). Si tout se passe bien, votre médecin pourra vous prescrire une ordonnance pour une échographie et / ou une IRM (vous pouvez la lui demander directement, puisque vous êtes déjà bien renseigné·e). 
  • Étape 2 : le RDV en imagerie médicale = donc, comme on l’a vu, une échographie (par voie endovaginale, idéalement) ou une IRM (plus précise, et à privilégier si vous soupçonnez également une endométriose). À faire également avec un·e spécialiste de cette pathologie, aka une personne formée qui sera capable de repérer les lésions (qui peuvent passer inaperçues pour un oeil non-averti). 
  • Étape 3 : le suivi de votre adénomyose selon l’impact que celle-ci à sur votre quotidien. Si vos douleurs sont intenses, vous pouvez envisager un suivi auprès d’un·e spécialiste de la douleur (certain·es connaissent bien cette pathologie et pourront vous accompagner dans vos recherches et / ou vous prescrire des antalgiques adaptés). Vous pouvez aussi “tout simplement” choisir un contraceptif hormonal pour dire ciao-bye à vos règles. Et si vous avez envie d’avoir un enfant, on en parle juste après. 
  •  

    Bon à savoir dans tous les cas : l’adénomyose ne peut pas devenir cancéreuse, même si elle n’est pas traitée. Donc si vous n’avez pas de symptômes : no panic, no problem (mais c’est mieux de faire un check-up de temps en temps quand même. Genre, beaucoup mieux). 

     

    Quelles sont les solutions pour soigner l’adénomyose ? 

    Bon truc à savoir pour planter le décor : on ne propose de traiter / soigner l’adénomyose que si les personnes présentent des symptômes handicapants au quotidien, comme des douleurs intenses, des saignements importants, ou encore si elles ont un désir de grossesse et des difficultés à tomber enceint·e. 

    Bref : comme l’adénomyose est une pathologie bénigne, il n’est pas “utile” de la traiter si vous n’en souffrez pas. Sinon, voici les traitements / solutions les plus fréquemment proposées : 

    • Pour la prise en charge des douleurs si elles sont intenses ou incapacitantes, des antalgiques (plus forts qu’une boîte de Doli, tmtc) peuvent être recommandés. On vous laissera également faire un tour du côté de notre guide spécial plantes ou encore remèdes de grand-mère
    • La pose d’un stérilet hormonal ou DIU type Miréna aka un stérilet à la progestérone, est la solution la plus recommandée. Celui-ci permet de diminuer les saignements et le “volume utérin”, ou en d’autres mots, de réguler les symptômes (= les saignements, les douleurs) et la progression éventuelle de l’adénomyose. Évidemment, le stérilet étant un contraceptif, cette solution est à écarter si vous souhaitez une grossesse. On tient à vous rappeler néanmoins que le stérilet ne rend ABSOLUMENT PAS stérile et que ce peut donc être aussi une solution si vous envisagez maybe d’avoir un ou des enfants un jour, sans en être sûr·e pour autant. Le bon plan, c’est qu’on peut garder un stérilet pendant 3 ans, et / ou se le faire retirer à tout moment en 10 minutes à peine chez un·e gynéco par exemple ! 
    • L’embolisation des artères utérines (restez focus) serait aussi une solution selon EndoFrance. Aka une petite chirurgie des artères utérines qui permet de diminuer l’abondance des saignements. C’est une technique tout à fait safe qui est d’ailleurs également utilisée pour réguler les saignements après l’accouchement (= les lochies). 
    • Enfin, et seulement si les symptômes le nécessitent, ET surtout si vous êtes OK avec l’idée, et que vous ne désirez pas / plus de grossesse, une ablation de l’endomètre ou de l’utérus (= hystérectomie, #cemothorrible), est aussi possible. Parlez-en à votre gynécologue ! 

     

    Quel lien entre l’adénomyose et l’infertilité ? Quelles solutions ? 

    On vous rassure tout de suite : les personnes qui font de l’adénomyose n’ont pas forcément de problèmes de fertilité, ni de difficultés à avoir des enfants si elles en veulent… mais ça arrive #malheureusement. 

    Toujours selon l’association EndoFrance, le risque de faire une fausse-couche pour une personne qui fait de l’adénomyose serait multiplié par deux. Un chiffre quand même assez énorme et qui mérite donc de faire les démarches diagnostiques adaptées, si vous suspectez une adénomyose et que vous souhaitez tomber enceint·e / que vous envisagez d’avoir un ou des enfants, par exemple !  

    Sachez dans tous les cas que les programmes de Procréation Médicalement Assistée (PMA) permettent en général d’accompagner assez efficacement les personnes souffrant d’adénomyose qui auraient un projet de grossesse. :) 

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